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Lexique du mix pour débutants : les termes à connaître

mix
Etienne Tremblay – lexique du mix pour débutants

Ce lexique du mix s'adresse aux débutants, mais aussi à tous ceux qui travaillent avec quelqu'un qui mixe : chanteur ou chanteuse avec un beatmaker, artiste avec un ingé son. Mieux connaître les termes, c'est mieux communiquer et obtenir plus vite le son qu'on a en tête. On reste volontairement en surface : le but est d'avoir une vue d'ensemble des outils, des manipulations et du vocabulaire du studio.

Les outils de base

L'égaliseur (EQ)

Il modifie les fréquences : on peut couper ou booster des graves, des médiums ou des aigus. C'est l'outil le plus important du mix, celui qui change le timbre de chaque instrument et qui sert à faire de la place. Par exemple, si le kick et la basse occupent déjà le grave, on filtrera les basses fréquences d'un pad plutôt que de tout garder.

Le compresseur

Son rôle premier est de réduire la plage dynamique : rendre le son plus égal en volume. On compresse presque toujours une voix pour bien entendre chaque mot. Il sert aussi à travailler l'enveloppe d'un son (attaque, sustain, release), par exemple pour donner plus d'attaque à un kick. Poussé à l'extrême, il fait « pomper » le son : pensez aux batteries très écrasées des Beatles ou des White Stripes. Pour aller plus loin : les types de compresseurs.

Le limiteur

C'est un compresseur extrême, conçu pour réduire la dynamique de la façon la plus transparente possible. On l'utilise surtout en mastering : c'est l'outil numéro un pour rendre un mix plus fort.

Les effets d'espace

On confond souvent les deux, et le mot « écho » sert à tout. Mieux vaut les distinguer :

  • La réverbération recrée un espace, réaliste ou surréaliste : petite pièce, salle, église. Elle donne de la profondeur : une réverb longue éloigne une voix, une réverb de pièce courte la place dans un petit espace.
  • Le délai produit des répétitions du signal. On peut les filtrer pour qu'elles se détachent du son original. C'est un effet très utilisé sur la voix et sur la guitare (The Edge, de U2, en a fait sa signature).

On peut les utiliser en parallèle, ou mettre une réverb après un délai pour un effet très diffus. Et un conseil aux artistes : dites clairement ce que vous aimez ou non. « Je voudrais moins de réverb » est bien plus utile que « Est-ce normal que ça sonne comme dans une salle de bain ? ».

Les effets de modulation

Flanger, phaser et chorus reposent tous sur un double du son original qui varie dans le temps :

  • Flanger et phaser se ressemblent beaucoup ; la nuance tient surtout à la réinjection (feedback) de l'effet dans lui-même, qui rend le son plus coloré.
  • Le chorus utilise plusieurs copies qui varient légèrement en temps et en hauteur, pour donner l'impression de plusieurs instruments qui jouent ensemble.

Le détail est dans chorus, flanger et phaser : les différences.

Les traitements dynamiques et la couleur

Gate et expander

Sous un certain niveau, le son est coupé (gate) ou atténué (expander). C'est le principe des pédales de noise gate pour guitare. En mix, on s'en sert beaucoup sur la batterie pour réduire la repisse, par exemple le kick qui entre dans le micro de caisse claire.

Bitcrusher

Il réduit la résolution du son, un peu comme on pixelise une image. À petite dose, ça ne s'entend presque pas ; poussé, on obtient une dégradation typiquement numérique.

Saturation et distorsion

Un terme très large. On peut colorer de façon très subtile avec une émulation de console ou de préampli, ou aller jusqu'à la grosse distorsion de guitare. Une légère distorsion de guitare, c'est un crunch. Les émulations de matériel analogique (bande magnétique comme le J37 de Waves, lampes, vinyle) produisent de la distorsion harmonique, souvent perçue comme plus chaude et musicale. Sur une voix ou sur l'ensemble du mix, une touche de saturation ajoute de l'intensité et des harmoniques. Plus de détails dans distorsion ou saturation.

Les traitements de la voix

  • De-esser : réduit le volume des « s » trop sifflants (la sibilance).
  • Auto-Tune et correction de hauteur : de la correction transparente d'une seule note fausse jusqu'à l'effet très coloré de la musique urbaine (vitesse de correction au maximum).
  • Pitch shifter : change la hauteur pour des voix très graves ou très aiguës. Un harmoniseur à intervalle fixe crée une harmonie qui suit la voix, mais ce n'est pas toujours musical : de vrais back vocals s'adaptent aux accords.
  • Vocoder : la voix passe dans une sorte de synthétiseur et suit les accords joués au clavier. Pensez à Daft Punk.

Les manipulations de mix et d'édition

  • Automation de volume : faire varier le volume d'une piste selon les passages, par exemple un couplet moins fort que le refrain.
  • Édition : enlever les silences, baisser les respirations, nettoyer les bruits de fond.
  • Comping : à partir de plusieurs prises, assembler la meilleure version (un « best of ») mot par mot ou phrase par phrase.
  • Doubler une voix : enregistrer une vraie seconde interprétation, pas un copier-coller de la première.
  • Harmoniser, faire des back vocals : à l'unisson ou sur d'autres notes que la voix principale.
  • Layering : superposer plusieurs sons (plusieurs caisses claires, par exemple) pour en créer un seul.
  • Sound replacement : remplacer ou compléter un son, comme un kick, par un sample déclenché par la piste originale (voir le sound replacement sur la batterie).

Les mots pour décrire un son

  • Plus de grave : plus fat, plus gras, plus rond, plus chaud.
  • Plus d'aigus : plus clair, plus ouvert. L'inverse : trop sombre, étouffé.
  • Trop de médiums : nasillard.
  • Trop d'aigus agressifs : agressif, « dans les dents », harsh en anglais.
  • Trop de variations de volume : trop dynamique.
  • Présence : l'impression que le son est proche de nous.
  • Désynchronisé : deux pistes qui ne tombent pas en même temps. Faux : une hauteur qui n'est pas juste.

Les termes généraux

  • Mix et mastering : le mix équilibre et sculpte les instruments entre eux ; le mastering finalise une chanson ou un album pour qu'il soit cohérent, compétitif et qu'il sonne bien partout.
  • Composition et arrangement : la composition, ce sont les accords, la mélodie, le texte ; l'arrangement, c'est l'instrumentation construite autour.
  • Réalisateur : à l'origine, il organise l'enregistrement et coordonne artiste, musiciens et techniciens. Aujourd'hui, le rôle peut aller jusqu'à la production complète.
  • Technicien du son et ingé son : la même chose. Au Québec, on dit plutôt technicien du son, car le titre d'ingénieur est réservé ; en France, « ingé son » est courant. Le sonorisateur, lui, s'occupe du son des spectacles et événements.
  • Traitement acoustique et isolation : le traitement améliore le son de la pièce (absorption, diffusion, bass traps) ; l'isolation empêche le son d'entrer ou de sortir.
  • Moniteurs : les enceintes conçues pour le studio.
  • Hardware et software : le matériel physique d'un côté, les logiciels, plugins et instruments virtuels (VST) de l'autre.
  • Carte son : l'interface qui relie micros et enceintes à l'ordinateur, essentielle pour la qualité sonore et la latence.

Et maintenant ?

Connaître le vocabulaire, c'est le premier pas. Pour apprendre à vous servir concrètement de l'EQ, de la compression et des effets, ma formation MIX 101 part des bases. Et si vous préférez laisser le mix à quelqu'un d'autre, mon service de mix est ouvert.

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