GUIDES GRATUITS

Les types de compresseurs : VCA, optique, FET et vari-mu

mix
Etienne Tremblay – les différents types de compresseurs

VCA, optique, FET, vari-mu : ces termes reviennent dès qu'on regarde un plugin de compression, souvent sans explication. Pourtant, le type de compresseur change complètement son comportement, et donc l'endroit où il sera utile dans un mix. Voici comment fonctionne chaque type de compresseur en analogique (ce qui influence directement les plugins qui les émulent), et dans quel contexte je les utilise.

Les compresseurs VCA : précis et réguliers

VCA signifie Voltage Controlled Amplifier : l'atténuation est gérée par un amplificateur contrôlé en tension. L'exemple le plus connu est le compresseur de bus de la console SSL. Ces compresseurs ont un comportement régulier et prévisible, avec en général peu de distorsion.

On les utilise beaucoup pour « coller » les éléments entre eux : sur des groupes d'instruments ou sur la piste master. Même en les poussant assez fort, ils restent musicaux. D'autres VCA sont plus colorés, comme le dbx 160 ou l'API 2500, eux aussi très utilisés sur les groupes.

Feed-forward ou feedback ?

Certains compresseurs, comme l'API 2500, permettent de choisir entre deux topologies :

  • Feed-forward : le détecteur analyse le signal qui entre dans le compresseur, avant la compression. La réaction est rapide et précise, et contrôle bien les attaques.
  • Feedback : le détecteur analyse le signal déjà compressé, à la sortie. La compression est plus douce, laisse passer davantage les attaques et a un caractère plus vintage. Tout se passe électriquement, de façon quasi instantanée, ce qui rend ce fonctionnement possible.

En pratique : sur une source avec beaucoup d'attaque que je veux contrôler, je choisis le feed-forward. Sur un groupe de guitares électriques, le feedback, plus doux, est souvent plus beau.

Les compresseurs optiques : lents et ronds

L'exemple classique est le LA-2A. Le principe : une source lumineuse (une petite lampe ou une LED) brille plus ou moins fort selon le niveau du signal, et une cellule photosensible réagit à cette lumière pour contrôler l'atténuation.

Même si la lumière est rapide, la cellule ne réagit pas instantanément. D'où une attaque lente et un relâchement (release) long et non linéaire : si le compresseur atténue de 10 dB, les premiers décibels reviennent plus vite que les derniers, qui restent plus longtemps. Le comportement dépend beaucoup du signal : c'est moins stable et moins prévisible qu'un VCA.

Les optiques réagissent beaucoup aux basses fréquences, ce qui peut provoquer de grosses atténuations. Certaines versions proposent un réglage pour que le détecteur réagisse moins au grave.

Où les utiliser

  • Sur la voix, pour arrondir et égaliser le volume général. Mais rarement en premier : je place d'abord un compresseur plus rapide pour contrôler les pics et les transitoires, puis l'optique pour arrondir et colorer.
  • Sur une basse.
  • Sur des claviers sans attaque marquée, comme des nappes de synthé, pour contrôler le volume et leur donner un peu de densité. Moins sur un piano acoustique.

Dans un LA-2A, les lampes du circuit apportent en plus leur propre coloration. Si vous hésitez entre plugin et matériel, j'ai comparé un LA-2A en plugin et en analogique.

Les compresseurs FET : rapides et colorés

FET signifie Field Effect Transistor. Ces compresseurs à transistor ont été conçus à l'origine pour émuler le comportement des lampes, avec plus de fiabilité. Le plus connu est le 1176 d'Universal Audio, émulé par de nombreux plugins.

Ils sont très rapides et très réactifs, et assez colorés. Pressez tous les boutons de ratio en même temps (le fameux mode « all buttons ») et vous entendrez toute la distorsion qu'ils peuvent générer. Selon les révisions, certaines versions du 1176 sont plus propres que d'autres. Pour comprendre ce que change chaque ratio, lisez les différences entre les ratios du 1176.

Grâce à leur rapidité, ils sont très polyvalents : voix, bus de batterie, batterie complète ou éléments séparés. C'est un classique sur les voix rock, et ça marche très bien en électro pour la saturation et la couleur. Par contre, je ne les mets pas sur le master : c'est une compression trop colorée pour un mix complet.

Les compresseurs vari-mu : doux et musicaux

Dans un vari-mu, ce sont les lampes elles-mêmes qui assurent la détection et l'atténuation. Les modèles les plus connus sont le Fairchild et le Manley Variable Mu. Attention à la distinction : un LA-2A contient des lampes dans son circuit, mais son élément d'atténuation est optique, il ne dépend pas des lampes.

La compression d'un vari-mu est plus douce, plus lente et très musicale. Si un 1176 vous donne un coup de poing au visage, un vari-mu vous pousse doucement dans l'eau. J'adore ce type de compresseur sur la voix en pop, pour sa coloration soyeuse et la façon dont les lampes adoucissent les aigus. C'est aussi un excellent choix sur un mix stéréo complet, pour une compression douce qui colore légèrement.

Pas de règle absolue

Ces usages sont des points de départ, pas des lois : n'importe quel compresseur peut fonctionner n'importe où. Et en numérique, les plugins ajoutent parfois des réglages que les originaux n'avaient pas (une attaque et un release sur un optique, par exemple). Connaître le type de compresseur vous aide surtout à choisir le bon outil plus vite. Pour aller plus loin, voyez le combo 1176 et LA-2A sur la voix et les erreurs de compression les plus fréquentes.

Maîtriser la compression

Savoir quel compresseur choisir, c'est la moitié du travail : encore faut-il bien régler seuil, ratio, attaque et release. Ma formation MIX 101 reprend la compression depuis la base, avec des exemples concrets sur de vraies pistes.

À lire aussi

EQ 101 GRATUIT

Accédez gratuitement à la formation EQ 101 qui vous donnera de solides bases sur les techniques d'égalisation.

EQ 101 GRATUIT