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Le mastering avec des stems : voix séparée et sections

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Etienne Tremblay – le mastering avec des stems

Le mastering se fait traditionnellement à partir d'un seul fichier stéréo. Mais on peut aussi masteriser avec des stems : des pistes stéréo qui regroupent chacune une partie de la chanson. Je vous présente deux approches : la version minimale, avec la musique et les voix sur deux pistes séparées, que j'ai utilisée pour un album de chanson française, puis les stems par section (batterie, basse, guitares, voix…), avec la bonne façon de les exporter.

Musique et voix séparées : pourquoi ce choix

Pour cet album, dont j'avais fait tous les mix, on a décidé de masteriser à partir de deux pistes : toute la musique d'un côté, toutes les voix de l'autre. C'est un entre-deux entre le mix stéréo classique et les stems complets. Dans de la chanson à texte, la voix est l'élément central, et il y a aussi un aspect culturel : en tant que Nord-Américain, j'ai tendance à placer la voix plus à l'intérieur de la musique que ce qu'on fait souvent en France. Garder la voix séparée nous donnait de la flexibilité sur son volume jusqu'à la toute fin, sans rouvrir les sessions de mix pour une simple question de niveau.

Les avantages concrets

Ajuster le volume de la voix d'une chanson à l'autre

Toutes les chansons sont dans la même session de mastering. Je règle directement le gain des clips de voix (+1 dB ici, +3 dB là) et je passe rapidement d'une chanson à l'autre pour comparer. Faire ces A/B en rouvrant chaque session de mix serait bien plus laborieux. Le résultat : une présence de la voix cohérente sur tout l'album.

Traiter la musique plus fermement

Comme la voix n'est pas sur la même piste, je peux appliquer une compression multibande plus agressive sur la musique, avec des attaques parfois plus rapides pour contrôler les transitoires et la dynamique. Je m'assure ainsi que la musique n'entre jamais en conflit avec la voix. C'est une façon de revisiter la relation musique-voix au stade du mastering, avec tous les traitements globaux en place.

Une compression parallèle sur les voix

En écoutant les albums de référence de l'artiste (je demande toujours des références), j'ai constaté que la voix manquait de compression et de coloration. J'ai donc ajouté une compression parallèle assez colorée sur l'ensemble des voix. Écoutée en solo, elle sonne particulière, mais en contexte, c'est exactement la texture qu'il fallait. Comme toutes les chansons sont côte à côte, j'ajuste facilement son niveau d'une pièce à l'autre. Pour en savoir plus sur cette technique, voyez compression ou saturation parallèle.

Comme on en discutait avec l'artiste, un mastering peut partir dans des directions diamétralement opposées, tout aussi valables les unes que les autres. C'est un processus technique, mais très subjectif, d'où l'importance des références.

Un limiteur final qui travaille moins

Je place un premier limiteur uniquement sur la musique. Le limiteur final, au bout de la chaîne, a donc beaucoup moins de travail, et la voix est beaucoup moins altérée par ce traitement dynamique : elle reste propre et présente.

Ma chaîne de mastering dans ce cas

  1. Trois pistes : musique (avec son limiteur), voix, compression parallèle des voix.
  2. Elles entrent dans un premier bus : émulation de console, émulation de bande, compression, égalisation.
  3. Ce bus alimente aussi une compression parallèle globale.
  4. Le tout entre dans un second bus : une très légère stimulation harmonique, puis le limiteur final.

Pourquoi ne pas séparer toutes les sections ?

Trop de possibilités pousse souvent à trop changer de choses. Sur un album, il faut prendre des décisions et avancer. Remettre sans cesse ses choix en question fait généralement régresser, perdre le fil et aller trop loin dans les traitements. Ici, les mix étaient déjà approuvés : musique et voix séparées, c'était le bon compromis.

Les stems par section

Les stems complets ont leur place, surtout pour un premier projet : si vous n'êtes pas sûr de la balance entre la batterie et la basse, ou du volume de la voix, ils permettent à l'ingénieur de mastering d'aller plus en profondeur et d'obtenir parfois un meilleur résultat. C'est aussi la solution que je propose quand un client tient à garder son propre mix tout en l'améliorant (j'en parle dans la relation client de l'ingé son).

Deux contreparties : le travail est plus long, donc généralement plus cher, et votre mix risque d'être un peu modifié. Il faut faire confiance à la personne qui masterise. Le mastering à partir du mix stéréo reste souvent l'idéal pour préserver ce qui a été créé au mix.

Combien de stems ?

Entre 4 et 8 pistes stéréo. Au-delà, c'est généralement trop. Par exemple : batterie, basse, guitares (électriques et acoustiques ensemble), claviers, voix (voix principale et back vocals ensemble). Moins l'arrangement est chargé, plus vous pouvez séparer.

Comment les exporter

  1. Mettez en solo toutes les pistes d'une section, par exemple la batterie.
  2. Si ces pistes sont envoyées dans une réverbération, mettez aussi la piste d'effet en solo (si votre logiciel ne le fait pas automatiquement).
  3. Sélectionnez la chanson depuis le tout début et exportez dans la résolution de la session (par exemple 24 bits, 44,1 kHz).
  4. Passez à la section suivante en gardant exactement la même sélection, et ainsi de suite.
  5. Compressez le tout dans un fichier zip et envoyez-le (WeTransfer, Dropbox, FTP…).

Le test : tous les stems doivent avoir exactement la même longueur, et en les ouvrant sans toucher aux volumes, on doit retrouver votre mix à l'identique. Les autres règles d'export s'appliquent aussi (voir exporter son mix pour le mastering).

Pour aller plus loin

Vous préférez confier votre projet ? Voyez mon service de mastering en ligne. Et pour apprendre à construire vous-même une chaîne comme celle-ci, voyez ma formation mastering.

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