Exporter son mix pour le mastering (et quel headroom laisser)
Votre mix est terminé et vous devez l'envoyer à la personne qui fera le mastering. Comment l'exporter ? Dans quelle résolution, avec ou sans les plugins du master, et avec combien de headroom ? C'est une question qui revient très souvent, alors voici la marche à suivre que je recommande, et ce que je fais moi-même quand je reçois un mix trop fort ou trop faible.
1. Gardez la résolution de la session
Exportez votre mix dans la résolution utilisée pendant la production. Si la session est en 24 bits et 44,1 kHz, livrez un fichier en 24 bits et 44,1 kHz. Si elle est en 24 bits et 88,2 kHz, même chose. Le format (WAV ou AIFF) a peu d'importance : restez simplement sur celui de la session.
Deux erreurs à éviter :
- Réduire la qualité à l'export (passer en 16 bits ou en MP3, par exemple) : le mastering doit partir du meilleur fichier possible.
- Augmenter la fréquence d'échantillonnage à la dernière minute (de 44,1 à 48 kHz, par exemple) en pensant gagner de la qualité : on ne gagne rien.
Si vous hésitez sur ces réglages, voyez quelle fréquence d'échantillonnage choisir.
2. Montez la taille de la mémoire tampon au maximum
Pendant la composition ou l'enregistrement, on baisse souvent le buffer pour réduire la latence. Avant l'export, remontez-le au maximum. Il m'est déjà arrivé de recevoir des chansons avec des artefacts qui venaient clairement d'un buffer trop bas : des instruments virtuels qui « glitchent » en cours de route. Avec un buffer élevé, votre ordinateur respire et ce genre de surprise disparaît.
3. Faites le ménage sur la piste master
Tout dépend du rôle de chaque plugin :
- Ceux qui font partie de votre son : j'insère souvent dès le début du mix une émulation de console et une émulation de magnétophone à bande (à l'époque, VCC et VTM de Slate Digital) sur le master. J'ai fait tout mon mix à travers elles. Si je les retire, l'équilibre change : je perds du bas, le mélange entre la basse et la batterie n'est plus le même. Je les laisse donc.
- Les couleurs ajoutées à la fin : si vous avez mis une émulation de bande ou un exciter harmonique (comme celui d'Ozone) en toute fin de mix, juste pour colorer, retirez-les. Ce genre de détail se retravaille au mastering. Si vous y tenez vraiment, envoyez deux versions, avec et sans, et laissez l'ingénieur de mastering choisir.
- Compresseur, égaliseur et limiteur de master : désactivez-les ou retirez-les. C'est exactement le travail du mastering, et les laisser revient à couper l'herbe sous le pied de la personne qui va masteriser.
4. Laissez entre 3 et 6 dB de headroom
Le headroom, c'est la marge inutilisée entre vos crêtes les plus fortes et le 0 dBFS. Sur mes mix, les pics les plus forts se situent généralement entre -3 et -6 dB. Cette marge laisse de la latitude à l'ingénieur de mastering et lui évite d'avoir à rebaisser votre fichier.
Mais la règle vraiment importante, c'est la seule qui ne se négocie pas : votre mix ne doit jamais taper dans le 0, jamais saturer. Un mix qui sature a perdu de la qualité, et ça ne se répare pas au mastering.
Pour le reste, le chiffre exact compte assez peu. Si vos crêtes sont un peu au-dessus de -3 dB ou bien en dessous de -6 dB, ce n'est pas grave. Quand je reçois un mix qui me semble trop fort pour ma chaîne de mastering (je sors souvent de ma carte son pour passer dans du matériel analogique, que je ne veux pas saturer), je baisse simplement le clip gain de 3 ou 4 dB. S'il est très faible, je le remonte. En 24 bits, la plage dynamique disponible est énorme : 3 dB de plus ou de moins ne changent rien au son.
Et rappelez-vous : un master plus fort ne sonne pas mieux. On a simplement tendance à trouver meilleur ce qui joue plus fort, un phénomène psychoacoustique bien connu, à l'origine de la guerre du volume.
5. Vos crêtes frôlent le 0 en fin de mix ? Deux solutions
Si vous arrivez à la fin du mix avec des crêtes proches de 0 dBFS, inutile de redescendre tous les faders un par un :
- Baissez le gain d'entrée de la piste master (dans Cubase, le réglage de pré-gain de la voie) de 6 dB. Vous gagnez instantanément 6 dB de marge, sans toucher à la balance.
- Ou prévoyez-le dès le départ : insérez en début de mix un limiteur sur le master avec environ 6 dB de gain, et mixez normalement en gardant votre marge habituelle. À la fin, en retirant le limiteur, le mix redescend de 6 dB et vous êtes certain de ne pas saturer. Gardez ce limiteur léger, sinon le mix sonnera différemment une fois qu'il sera retiré.
Pour d'autres façons de garder votre master propre, lisez 4 astuces pour éviter que le master sature.
6. Exportez et, dans le doute, demandez
Exportez un fichier stéréo unique (pas deux fichiers mono gauche et droite), dans la même résolution que la session. En cas de doute sur un point particulier de votre chanson, posez simplement la question à la personne qui fera le mastering : elle préfère toujours une question à un fichier à refaire. Pour savoir ce qui se passe ensuite, voyez comment je prépare une session de mastering.
Votre mix est prêt ?
Si vous cherchez quelqu'un pour masteriser votre chanson, envoyez-le-moi via mon service de mastering en ligne. Et si vous voulez apprendre à le faire vous-même, c'est tout l'objet de ma formation mastering.
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