Faire un mastering simple avec des plugins Waves
Vous voulez finaliser rapidement vos chansons avec les plugins Waves que vous avez déjà ? Voici une méthode de mastering simplifiée en trois étapes : limiteur, égaliseur, compression. J'utilise uniquement des plugins qu'on retrouve dans à peu près tous les bundles Waves, même les plus basiques. Je coupe volontairement les coins ronds : c'est une base pour sortir un morceau propre, pas un mastering complet de studio.
Si vous voulez comprendre en profondeur ce qu'on fait à cette étape et pourquoi, lisez d'abord le mastering expliqué. J'ai aussi montré une méthode similaire avec des plugins gratuits.
Étape 1 : régler le limiteur en premier (L1 ou L2)
Ça peut surprendre, mais je commence par le limiteur, même s'il sera le dernier plugin de la chaîne. Le L1 ou le L2 font très bien l'affaire. J'évite le L3 multibande pour débuter : il est plus complexe et vous avez plus de chances d'abîmer votre mix avec.
L'astuce pour trouver le bon réglage :
- Descendez le seuil (threshold) et, en même temps, baissez le niveau de sortie du même montant. Le volume reste à peu près constant et vous n'entendez que l'effet de l'écrasement, notamment la distorsion générée par le limiteur.
- Descendez jusqu'à ce que la distorsion commence à s'entendre, puis remontez un peu. Sur mon exemple, autour de -8 dB, ça tenait encore, mais pas beaucoup plus loin.
- Méfiez-vous d'un release trop rapide : il peut lui aussi créer de la distorsion.
- Remontez ensuite le niveau de sortie (le plafond) à -0,3 ou -0,5 dB.
Pourquoi ne pas aller jusqu'à 0 ? Parce que la conversion en MP3 ou dans d'autres formats compressés peut faire dépasser légèrement les crêtes et créer de la distorsion. Pour YouTube, je laisse même -1 dB, car la compression de la plateforme est assez forte. Pour éviter les autres pièges, voyez mes astuces pour éviter que le master sature.
Gardez le limiteur actif pendant toute la suite : vous entendez ainsi votre mix tel qu'il sonnera une fois écrasé, ce qui vous donne l'heure juste sur l'égalisation et la compression.
Étape 2 : égaliser avec le Renaissance EQ
On insère ensuite un Renaissance EQ, en version 6 bandes, avant le limiteur. On porte notre attention sur trois zones du spectre : les bas-médiums, les aigus et les basses.
Avant de toucher à quoi que ce soit, prenez une référence : un mix que vous connaissez bien et qui sonne très bien dans le même style. Écoutez son contenu fréquentiel et comparez régulièrement. Pour bien choisir et utiliser cette référence, voyez mieux mixer avec une piste de référence.
Nettoyer les bas-médiums (100 à 400 Hz)
C'est souvent là que le mix devient chargé et boueux. La méthode classique : faites un boost étroit, sans exagérer (6 à 7 dB maximum, pas 18), balayez la zone pour repérer les fréquences qui ressortent trop, puis atténuez-les de 1, 2 ou 3 dB. Parfois 0,5 dB ne suffit pas, mais on reste dans des corrections modestes. Sur mon exemple, j'ai retiré un peu autour de 160 Hz, puis de 300 à 400 Hz pour adoucir l'ensemble.
Ouvrir le haut du spectre
Une cloche assez large dans les aigus (autour de 10 kHz) ouvre le mix et lui donne de l'air. Je prends une cloche plus large que pour les coupures parce que je cherche à colorer, pas à corriger chirurgicalement. Un shelf qui monte tout à partir de 8 kHz peut aussi fonctionner.
Attention aux excès : un mix trop poussé dans les aigus semble d'abord plus fort et plus défini, mais devient vite mince et agressif. Une petite touche dans la zone de 800 Hz à 1,5 kHz peut aussi donner une impression de présence et d'énergie. Testez sur plusieurs systèmes : écouteurs, voiture, enceinte Bluetooth.
Les basses : booster ou retirer ?
On a le réflexe de booster les basses pour avoir plus de « low end ». Pourtant, retirer un peu est parfois plus efficace : le mix respire, il est moins lourd et le limiteur travaille moins. Sur mon exemple, il y avait une bosse vers 70 à 80 Hz qui prenait trop de place : en l'atténuant, le limiteur a cessé de distordre sur cette zone. Si au contraire votre mix est trop mince, un léger boost lui donnera du corps. Dans le doute, comparez avec votre référence.
Étape 3 : compresser l'ensemble du mix
Dernière étape, un compresseur sur l'ensemble (le Renaissance Compressor fait le travail), placé entre l'EQ et le limiteur. Le but n'est pas de contrôler le volume comme sur une voix, mais de lier les instruments entre eux et de donner une impression d'unité. Mes réglages de départ :
- Ratio : très doux, de 1,5:1 à 2:1.
- Attaque : ralentie, pour laisser passer le punch de la batterie et du kick.
- Release : en manuel (je désactive le release automatique ARC) et réglé pour suivre le groove de la chanson, sans être trop rapide.
- Atténuation : 0,5 à 1 dB, c'est souvent suffisant.
Pour régler l'attaque et le release, écoutez le kick, surtout en pop. Cette micro-atténuation à chaque coup de kick le fait ressortir un peu, le rend plus proche, et fait respirer tout le mix au rythme du morceau. Si vous débutez avec cet effet, sachez que chaque compresseur réagit différemment (optique, électro, etc.) : les mêmes valeurs d'attaque et de release ne donnent pas le même résultat d'un modèle à l'autre.
Le piège du volume
Désactivez le make-up gain automatique des compresseurs. Il rajoute souvent plus de volume que ce que la compression a retiré, et ce qui est plus fort semble toujours meilleur à l'oreille : c'est de la psychoacoustique pure, et c'est l'origine de la guerre du volume. Compensez à la main pour comparer avec et sans traitement au même niveau sonore. C'est aussi pour ça qu'on règle le limiteur en baissant la sortie au début : pour entendre l'effet sans être trompé par le volume.
Récapitulatif
- Limiteur L1 ou L2 en dernier dans la chaîne, plafond à -0,3 dB (ou -1 dB pour YouTube).
- Renaissance EQ : nettoyer les bas-médiums, ouvrir les aigus, retirer ou ajouter dans les basses selon le mix.
- Compression douce de l'ensemble pour lier les instruments, avec 0,5 à 1 dB d'atténuation.
- Comparaisons constantes avec une référence, à volume égal.
Pour aller plus loin en mastering
Cette méthode suppose déjà quelques bases en égalisation et en compression. Si vous voulez apprendre à masteriser vos chansons à la maison avec une vraie méthode, ma formation Mastering reprend toutes les étapes en détail. Et si vous préférez confier votre morceau à quelqu'un d'autre, je propose aussi un service de mastering en ligne.
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