Mac ou PC pour la MAO : mon retour d'expérience
Mac ou PC pour la MAO ? J'ai vécu les deux côtés : des années sur Apple, un Hackintosh, puis un PC sous Windows monté moi-même, et récemment un retour au Mac avec un MacBook Pro M4 16 pouces. Plutôt qu'un débat de tribus, voici ce que j'ai appris concrètement : les avantages de chaque système, les performances réelles, les pièges d'une transition et les composantes qui comptent vraiment pour faire de la musique.
Pourquoi le Mac s'est imposé dans les studios
Aux débuts de la musique assistée par ordinateur, le Mac était le choix évident pour un système stable et performant. Pro Tools, par exemple, n'existait au départ que sur Macintosh. Windows, lui, a longtemps eu une réputation d'instabilité, et dans un studio professionnel, on ne peut pas se permettre un ordinateur qui gèle en pleine séance. Comme Apple assemble et teste tous les composants, l'installation des logiciels et l'optimisation du système sont aussi plus simples. Et nous sommes des êtres d'habitude : beaucoup de professionnels sont restés sur Mac parce qu'ils ont appris dessus.
Pourquoi j'étais passé au PC
J'avais d'abord construit un Hackintosh (un PC sur lequel on installe macOS), pour avoir la puissance d'un Mac de bureau à une fraction du prix. Le problème : impossible de mettre le système à jour facilement. Mon OS est devenu désuet et certains logiciels refusaient de s'installer. Je ne le recommande pas aux débutants.
Je suis donc passé à Windows 10, pour plusieurs raisons :
- Le prix : à l'époque, un Mac de bureau puissant coûtait facilement trois fois le prix d'un PC équivalent.
- L'évolutivité : sur un PC, on peut changer seulement le processeur, la RAM ou un disque. Sur les Mac de bureau, ce n'était plus possible. C'est aussi plus intéressant d'un point de vue environnemental.
- Les logiciels : beaucoup de gratuiciels existent seulement sur Windows, et certains outils (comme OBS pour le streaming) y fonctionnaient mieux.
Windows 10 s'est révélé stable et agréable. Mon PC m'a très bien servi pendant près de cinq ans.
Pourquoi je suis revenu au Mac
J'avais besoin d'un portable pour donner des formations en France : mon ancien ultraportable arrivait au maximum de son CPU. J'ai choisi un MacBook Pro 16 pouces et j'ai fini par en faire mon système principal. Ce que j'apprécie :
- travailler sur la route, en audio comme en montage vidéo ;
- l'écran Nano-texture, presque sans reflets ;
- l'intégration avec l'iPhone : les transferts de fichiers se font par simple glisser-déposer ;
- le silence : je n'ai jamais entendu le ventilateur ;
- des haut-parleurs intégrés étonnamment bons, avec un vrai bas du spectre (sans les pousser à fond).
Les performances : ne vous fiez pas aux premiers chiffres
Au début, j'ai été déçu, parce que macOS ne gère pas les ressources comme Windows :
- La mémoire vive : le système utilise toute la RAM disponible pour être plus rapide. Ce qu'il faut surveiller, c'est la pression sur la mémoire (memory pressure). Avec 24 Go, la configuration de base, je ne suis jamais allé dans le rouge.
- Le CPU : dans Cubase, la jauge monte vite, même avec une petite session. Mais ensuite, je peux ajouter des plugins très gourmands (un clipper en suréchantillonnage 32x, par exemple) sans gros impact. En mix, je n'ai jamais dépassé la moitié du CPU.
Sur un test Geekbench, le MacBook Pro était environ deux fois plus rapide que mon PC (Intel i9, 32 Go de RAM, monté en 2021) en single core, et 2,5 fois plus puissant en multi-core. En vidéo, l'écart est moins marqué : une carte graphique dédiée reste très correcte, et tout dépend du logiciel. Renseignez-vous sur la façon dont vos logiciels exploitent la puce Apple.
Les petits irritants (et comment les éviter)
- Les périphériques : le pilote de mon trackball fonctionne mal sur Mac. Je suis passé à une Magic Mouse pour son défilement fluide, malgré une ergonomie discutable.
- Les autorisations : à l'installation des logiciels, il faut souvent autoriser l'accès au disque dans les réglages. Déroutant au début, puis on n'y pense plus.
- Aucun port USB-A : prévoyez des adaptateurs ou un hub. Les bons hubs Thunderbolt coûtent cher.
- Les plugins : vérifiez la compatibilité Apple Silicon. Avec mes vieilles licences Waves, j'ai dû payer la mise à jour de ceux que j'utilise.
- Les disques de sauvegarde formatés pour PC : plutôt que des transferts risqués, j'ai tout récupéré depuis ma sauvegarde en ligne, reformaté les disques pour Mac, puis tout recopié.
- Les SSD externes compacts : ils chauffent lors des gros transferts et leur débit chute fortement (de 1000 Mo/s annoncés à environ 300 Mo/s dans mon cas).
- La version de macOS livrée : on ne peut pas revenir à une version antérieure à celle d'origine. Si la machine arrive avec un macOS tout neuf que vos logiciels ne prennent pas encore en charge, vous êtes coincé. Vérifiez avant d'acheter.
Les composantes qui comptent vraiment
Les modèles changent, mais les principes restent. D'abord, le meilleur ordinateur pour la MAO est souvent celui que vous avez déjà : comparez sa configuration à la configuration minimale indiquée sur le site de votre logiciel.
- Portable ou bureau : à puissance égale, un portable coûte plus cher et vieillit plus vite. Il se justifie si vous travaillez en déplacement ou si vous jouez sur scène avec les mêmes instruments virtuels qu'en studio. Sinon, un ordinateur de bureau reste le meilleur choix (les Mac mini offrent aujourd'hui de très bonnes performances pour le prix).
- Le processeur : c'est lui qui fait le gros du travail. Plus vous utilisez d'instruments virtuels, faites du multitâche ou de la vidéo, plus il compte.
- La mémoire vive : 16 Go suffisent pour la plupart des usages, davantage si vous travaillez avec de grosses banques de sons.
- Les disques : un SSD pour le système, c'est le jour et la nuit. Idéalement, un deuxième disque pour les sessions, et même un troisième pour les banques de sons.
Pour tirer le maximum de votre machine, voyez aussi mes 10 trucs pour réduire la charge du CPU et comment optimiser un ordinateur portable pour la MAO.
Alors, Mac ou PC ?
Honnêtement, c'est une question de besoins, de budget et de goût. Le PC reste plus abordable et plus évolutif. Le Mac brille sur les portables, pour la performance dans un petit format, le silence et l'intégration. Dans les deux cas, vous pouvez faire d'excellents mix. Le choix du logiciel compte autant : voyez quel DAW choisir pour la MAO.
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