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FabFilter Pro-C 3 : test et nouveautés face au Pro-C 2

tests de plugins
Etienne Tremblay – test du compresseur FabFilter Pro-C 3

Dix ans après le Pro-C 2, FabFilter a lancé le Pro-C 3. Est-ce que ça valait la peine d'attendre une décennie ? J'ai pu l'essayer en version bêta juste avant sa sortie, en le comparant directement au Pro-C 2. Voici les changements d'interface, les nouvelles fonctions qui valent vraiment le détour, et mon avis honnête sur ce compresseur qui en fait peut-être un peu trop.

L'interface : modernisée, mais pas forcément meilleure

Côte à côte, la disposition reste très proche de celle du Pro-C 2. FabFilter a modernisé le look : nouveaux potentiomètres, vumètre plus mince, petites courbes dans le bas de l'écran. Honnêtement, je ne trouve pas ça très réussi : on se repère plus vite avec les anciens boutons, et le vumètre aminci n'aide pas la lecture. Mais je reconnais qu'on n'aime pas toujours ce qui est nouveau simplement parce que c'est nouveau.

Une occasion ratée, à mon avis : on peut changer la graduation du vumètre pour mieux lire la réduction de gain, mais ça change aussi l'échelle de la forme d'onde. Deux réglages indépendants auraient été bien plus pratiques. Côté positif, la gestion des presets a été repensée, avec une recherche par mots-clés. Le graphique du genou et la section sidechain changent peu visuellement.

Les nouveaux styles de compression

C'est la grosse nouveauté. Parmi les styles ajoutés :

  • Vari-Mu : mon préféré. Le preset dédié ajoute une légère saturation à lampes, c'est très doux et ça se pousse bien. On peut augmenter le niveau du sidechain pour compresser franchement, et même là, ça reste musical.
  • El-Op : un mode optique qui reproduit le comportement lent et doux des compresseurs optiques.
  • Upward : la compression vers le haut, qui remonte les passages faibles. Sur une batterie, ça remonte le sustain et la room, un peu comme un 1176 en mode « tous les boutons enfoncés ». Sur ma boucle, ça créait un pompage assez particulier ; je l'utilise peu sur la batterie.
  • TTM (To The Max) : un mélange de compression classique (vers le bas) et de compression vers le haut.
  • Versatile et Smooth : Versatile se rapproche beaucoup de Clean ; Smooth adoucit l'attaque et le release.

Pour comprendre d'où viennent ces comportements, voyez les types de compresseurs : VCA, optique, vari-mu et FET.

La saturation : bien dosée

Trois caractères de saturation sont proposés (Tube, Diode, Bright), à placer avant ou après la compression. C'est bien dosé : même au maximum, ça colore sans dénaturer. Avoir ne serait-ce qu'un peu de couleur dans un compresseur aussi propre, c'est une vraie amélioration.

Un sidechain beaucoup plus puissant

  • Déclenchement rythmique : on choisit une figure rythmique (par exemple à la croche) et le compresseur pompe en rythme, avec réglage de l'attaque, du release, de la longueur et d'un décalage. Parfait pour une compression sidechain façon dance. Si les attaques sont trop rapides, on entend des clics : ralentissez-les un peu.
  • MIDI ou source externe pour déclencher la compression.
  • EQ de sidechain à 6 bandes, avec les formes de filtres du Pro-Q 4, y compris des options de phase qui changent légèrement le comportement du compresseur.

Les autres ajouts

  • oversampling jusqu'à 32x ;
  • lookahead dont on peut choisir la plage maximale (par exemple 1 ms ou 20 ms) ;
  • compatibilité Dolby Atmos ;
  • un mode d'auto-threshold, qui ne changeait rien dans ma version bêta ;
  • le Pro-C 3 apparaît dans la liste des instances du Pro-Q 4. Dommage que l'inverse n'existe pas : j'aurais aimé voir tous mes Pro-C 3 depuis un seul.

Avec des presets équivalents, mes comparaisons entre Pro-C 2 et Pro-C 3 sonnaient pratiquement pareil : les améliorations sonores éventuelles se jugeront à l'usage.

Mon avis : les défauts de ses qualités

Le Pro-C 3 est très complet, et c'est justement mon principal reproche. Entre les styles, l'attaque, le release, le ratio, le genou et un sidechain ultra détaillé, il y a tellement de possibilités que ça ralentit le travail, voire la créativité. J'aurais aimé des presets « classiques » (un opto réglé comme un LA-2A, par exemple), ou mieux, un mode simplifié : en mode optique, plus de contrôle d'attaque ni de ratio, comme sur l'appareil d'origine.

Quand je veux compresser une voix, j'ouvre un 1176 : je sais quel son j'aurai, avec les seuls paramètres d'un 1176. Un LA-2A, c'est un seuil et un réglage d'emphase. Cette simplicité est précieuse en mix. C'est mon goût personnel : si vous aimez avoir tout sous la main dans un seul plugin, le Pro-C 3 est une excellente boîte à outils. Pour situer ce compresseur parmi d'autres, voyez mon palmarès des compresseurs.

Maîtriser la compression

Un compresseur aussi riche n'est utile que si on comprend l'attaque, le release, le ratio et le genou. Ma formation MIX 101 reprend ces notions depuis la base, pour que vous sachiez quoi régler et pourquoi, quel que soit le plugin.

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