Mastering automatique de DistroKid : test et analyse
8 mars 2023
DistroKid, le service de distribution que j'utilise pour mettre mes chansons sur les plateformes, propose aussi un mastering automatique en ligne appelé Mixea. Le principe ressemble à celui de LANDR et des autres services du genre : on téléverse son mix, on ajuste un ou deux curseurs, et un algorithme s'occupe du reste. Je l'ai testé sur deux chansons et je l'ai comparé à mon propre master.
Comment fonctionne le service
C'est un service payant, par abonnement annuel. On peut choisir l'intensité du traitement, puis télécharger le master en plusieurs formats (24 bits/48 kHz, 16 bits/44,1 kHz et MP3). Petit bémol : mon mix était en 24 bits/44,1 kHz, et cette option n'était pas proposée. En général, on ne change pas la fréquence d'échantillonnage à l'exportation d'un master. Autre détail : il n'y a pas de compensation de volume pour comparer l'original et le master, ce qui fausse l'écoute, puisqu'une version plus forte semble toujours meilleure.
Ce que j'ai entendu
J'ai comparé le mix prémaster, mon master et celui de DistroKid, à volume égal. Le résultat n'est pas mauvais, mais il est très lisse :
- Une stéréo élargie artificiellement, qui donne une impression de largeur mais diffuse l'ensemble. Les radios commerciales font parfois ce genre de traitement : ça impressionne au premier abord, mais ça ne sonne pas bien sur tous les systèmes.
- Une compression parallèle et multibande très intense, qui ramène les réverbérations vers l'avant et écrase les attaques.
- Un creux dans les bas-médiums et les médiums, qui fait perdre de la proximité et du punch, surtout au kick et à la caisse claire.
Tout devient très égal, et on perd le rebond musical entre le kick et la basse, qui est pour moi essentiel au mastering.
Ce qu'un algorithme ne peut pas (encore) faire
- Offrir un regard extérieur. Quand je reçois un mix, il m'arrive de demander des corrections, ou de suggérer d'éditer une caisse claire en retard avant de finaliser. Le mastering est un échange, un aller-retour avec l'artiste.
- Travailler en stems. Le stem mastering consiste à partir de sous-groupes stéréo (batterie, basse, guitares, claviers, voix). C'est très utile pour les projets réalisés en home studio, quand le bas du spectre ou le niveau de la voix n'est pas encore parfaitement placé.
- Respecter une question de goût. Un peu moins fort avec plus de dynamique, un peu plus de couleur ici : ce sont souvent des ajustements d'un seul décibel. Un curseur d'intensité, c'est un très gros pinceau.
Choisir la bonne personne pour son mastering
Une erreur fréquente, c'est d'envoyer son album au studio le plus connu en tenant pour acquis que le résultat sera parfait. En début de carrière, j'ai moi-même envoyé des mix à de gros studios dont l'esthétique ne correspondait pas du tout à mes goûts. Prenez le temps de trouver un ingénieur dont la couleur rejoint ce que vous recherchez : c'est un domaine très subjectif.
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