Comment optimiser un piano virtuel (VST) avant le mix
12 avril 2023
Avant d'égaliser et de compresser un piano virtuel, il y a tout un travail à faire en amont, dans le MIDI et dans l'instrument lui-même. Ça donne un meilleur résultat et ça simplifie beaucoup le mix. Voici ma méthode.
1. Travailler la vélocité MIDI
Selon votre contrôleur et le piano virtuel, le jeu peut générer trop de dynamique, ou manquer de la subtilité d'un vrai piano.
- L'intensité générale : sélectionnez tout le MIDI et ajustez la vélocité d'ensemble. Pour un piano tout en douceur, on peut la baisser. Attention à ne pas trop la monter : ça change l'interprétation.
- La compression MIDI : dans Cubase, on peut compresser (ou élargir) la plage de vélocité. Cherchez l'équivalent dans votre logiciel. Juste un peu, sinon le piano perd sa personnalité.
- Les notes isolées : baissez à la main la vélocité des quelques notes qui ressortent trop.
2. Régler l'instrument virtuel
Les options varient selon les pianos, mais on retrouve souvent les mêmes :
- La courbe de vélocité : pour relever les passages doux ou adoucir les passages forts.
- La dureté des marteaux : elle change beaucoup la façon dont le piano se place, en particulier l'attaque. Avec d'autres instruments, réglez-la en contexte.
- La plage dynamique : la réduire rend le piano plus linéaire et plus présent, utile dans un arrangement chargé. En piano solo, allez-y doucement.
- La résonance des cordes par sympathie : intéressante en piano solo, souvent inutile dans un mix chargé.
- Les bruits mécaniques (marteaux, relâchement des touches) : certains presets en ont trop. Baissez-les.
3. Les effets intégrés
- L'EQ permet de placer rapidement le piano : un peu plus ou moins de bas, un peu moins de mids.
- La réverb peut être bonne ou ordinaire selon l'instrument. Si votre mix a déjà une réverb sur la voix ou d'autres instruments, envoyez-y le piano : ça lie les éléments dans la même ambiance.
- Le compresseur intégré : je préfère mes propres plugins, que je connais mieux.
- La saturation, pour salir le piano ou enrichir ses harmoniques, avec un petit effet de compression.
- La largeur stéréo et la brillance, à peaufiner en contexte.
Ensuite seulement, on peaufine l'EQ et la compression selon le contexte.
Un piano gratuit à essayer
Si vous n'avez pas de piano virtuel, essayez le Claustrophobic Piano, gratuit. Il faut le lecteur Kontakt, inclus dans le bundle gratuit de Native Instruments. Il est très sombre et demande un peu plus de travail, mais pour un piano gratuit, il est vraiment pas mal.
Au mix : donner chaleur et vie au piano virtuel
Une fois le MIDI et l'instrument réglés, voici comment je rends un piano virtuel plus réaliste au mix, sur un morceau calme.
Comme beaucoup de pianos virtuels, celui-ci sonnait un peu froid et droit, avec des attaques qui sautent au visage et difficile à fondre dans la pièce.
- Une compression douce : knee souple, ratio faible (2:1 à 2,5:1 pour un piano smooth), attaque vers 20 à 30 ms pour ne pas tuer la brillance, release adapté au tempo, et seulement 2 à 3 dB de réduction pour arrondir les attaques trop fortes.
- Une compression multibande inversée : la grande différence avec un vrai piano se joue dans le grave et les bas médiums, plus riches et plus chaleureux. J'isole la bande d'environ 60 à 250 Hz et je règle le range en positif : le compresseur devient expandeur et redonne de la dynamique à cette zone, avec une attaque rapide et un knee plutôt doux, sans abuser. Le piano passe d'un son plat à un son plus tridimensionnel, et les aigus paraissent plus doux. On peut aussi, à l'inverse, compresser légèrement la bande des aigus pour calmer une attaque trop froide (comme si on rapprochait les micros) ; à doser selon le style.
- Un EQ en contexte : même un piano déjà « produit » doit être réégalisé selon le mix. Ici, un peu moins de 400-500 Hz et un léger boost de chaleur dans le grave, qui adoucit encore les aigus.
- Une réverb à convolution de studio : ces réverbs à base de réponses impulsionnelles sont très réalistes et riches en grave, parfait pour donner du sustain à un piano. J'atténue un peu le côté « cuisine » de la réverb vers 400-500 Hz, puis je dose l'envoi : le but est d'envelopper le piano, pas de le transformer.
Pour juger le résultat, dupliquez la piste sans traitement et passez de l'une à l'autre en solo exclusif, à volume égal. Et n'oubliez pas : une vélocité MIDI plus douce fait souvent choisir au piano des échantillons moins agressifs, un résultat déjà plus naturel avant tout plugin.
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