Softube Console 1 Channel et Fader MK3 : mon avis
Le système Console 1 de Softube a complètement changé ma façon de mixer. Il combine deux surfaces de contrôle, la Console 1 Channel MK3 et la Console 1 Fader MK3, avec un écosystème logiciel pensé pour elles. Après plusieurs mois d'utilisation, voici comment ça fonctionne, ce que j'en fais concrètement dans mes mix, ses quelques défauts et pourquoi, après plus de 20 ans de mix, je trouve ça si rafraîchissant.
Les deux surfaces de contrôle
La Console 1 Channel est le cœur du système. Elle reprend la logique d'une tranche de console, avec une section de commandes par module : préampli, filtres, shape, égaliseur, compresseur et drive. En haut, on sélectionne les pistes. Les écrans affichent le paramètre qu'on vient de toucher, et les voyants indiquent d'un coup d'œil quels modules sont actifs. Le code de couleurs, repris partout, aide énormément à s'y retrouver.
Les potentiomètres ont un toucher analogique extraordinaire. J'ai été étonné de voir à quel point ce retour physique influence la façon de travailler : c'était plus facile pour moi d'obtenir un mix qui sonne bien. Un double tapotement sur un potentiomètre le ramène à zéro, et on peut régler leur sensibilité.
La Console 1 Fader offre 10 faders de très bonne qualité avec des écrans haute résolution. Ils peuvent contrôler le volume, le panoramique ou les envois. Petit détail génial : on sent un cran au 0 dB, et au centre quand on est en mode panoramique.
L'intégration avec le DAW
On insère le plugin Console 1 sur chaque piste : c'est lui qui fait le lien avec les surfaces. On peut aussi tout régler à la souris, ce qui permet de rouvrir un mix sans le matériel. Le plugin gère les presets et permet de charger, dans chaque section, des modules d'autres marques : FabFilter, UAD, Plugin Alliance, etc. Les paramètres sont déjà assignés aux contrôles.
Le système de base, la Core Mixing Suite, sonne déjà très bien. On peut ajouter des tranches complètes en option : American Class, British Class, des consoles SSL 4000 et 9000, un pack Empirical Labs, le Grand Channel de Summit Audio, la série Gambit de Weiss, et d'autres.
La fonction Display On ouvre une fenêtre qui résume tous les traitements de la piste sélectionnée. Je l'utilise surtout avec des plugins tiers, pour voir quel paramètre a été assigné où (avec la touche Shift, on accède à des réglages secondaires, comme les modes de distorsion et de détection d'un Distressor). Seul bémol : cette fenêtre n'est pas cliquable. Et la charge CPU d'un mix complet reste très basse.
Les modules, avec des exemples concrets
- Préampli : on peut le désactiver ou driver l'entrée avec différentes émulations (bande, préampli à lampe). Sur la caisse claire, une émulation de bande légèrement drivée arrondit le transitoire. On ne règle pas seulement le gain : on colore dès l'entrée, comme on le ferait à la prise. Utile, car nos prises numériques sont parfois trop propres.
- Shape : le Core Shaper est un transient shaper avec gate. L'avoir sous la main m'a amené à l'utiliser là où je n'y pensais jamais, par exemple pour augmenter le sustain des guitares distorsionnées. On peut aussi y charger un Saturn de FabFilter, un de-esser ou un clipper.
- Égaliseur : Core Vintage, doux, dans l'esprit d'un EQ passif, et Core Modern, avec filtres coupe-haut et coupe-bas, deux plateaux et deux bandes en cloche. Ça couvre presque tous mes besoins. Pour traquer une résonance précise, on peut charger un Pro-Q 3, très bien assigné.
- Compresseur : Core FET et Core Bus Compressor de base, avec des ratios de 1:1 à 20:1, jusqu'au mode « British » (tous les ratios enfoncés).
- Drive : une saturation en fin de chaîne, avec un réglage de caractère. La saturation est multifonction : elle agit comme une forme d'égalisation et de compression. Sur la voix, juste un peu de couleur avec le drive de l'American Class.
Le Core Panner
C'est un outil particulier : il recule une source dans l'espace, donne de la profondeur sans simplement baisser le volume. Si on en abuse, c'est inconfortable (on sent une sorte de tiraillement de phase), mais à petite dose, c'est très efficace. Je l'utilise pour reculer une percussion trop présente au lieu d'ajouter une réverb, ou en automation pour rendre un instrument moins présent dans les couplets.
Exemple : une caisse claire en cinq minutes
Entrée en émulation de bande légèrement drivée, EQ Core Modern, Distressor et émulation de Fairchild d'UAD en compression, puis le drive de la Core Mixing Suite. Cinq minutes pour passer d'un son brut à un son fini. Sur les guitares, j'ai surtout travaillé sur le bus (deux micros, un ruban Royer et un SM57) : voyez mon approche du mix des sous-groupes.
Un workflow plus rapide
Chaque paramètre a son contrôle physique, sans menus à fouiller. Résultat : j'utilise moins de plugins et moins de variété, parce que j'obtiens vite un résultat qui sonne bien. Le système est idéal pour le mix statique ; ensuite, tout s'automatise comme n'importe quel plugin. Quelques détails confirment la maturité de cette troisième version :
- quatre versions de traitement (A, B, C, D) par piste, pour comparer rapidement ;
- le traitement de plusieurs pistes groupées en même temps ;
- le copier-coller de réglages d'une piste à l'autre ;
- un inverseur de phase.
Mon astuce de départ : je crée une tranche par défaut (une SSL avec de petites variations à l'entrée ou au drive), je l'enregistre comme preset utilisateur par défaut, puis je sélectionne toutes les pistes et j'insère Console 1 partout d'un coup avec le Q-Link de Cubase. Pour gagner encore plus de temps, voyez comment mixer plus vite.
Les défauts
- Sur un écran 4K, certains textes du plugin et la liste des presets sont presque illisibles.
- La Fader n'a pas de potentiomètre de panoramique par piste. Je préfère quand même 10 faders plutôt que 8, et le panoramique reste accessible depuis la Channel.
Mon verdict
C'est un peu comme passer d'une manette à une borne d'arcade complète, avec volant et pédales : un jeu vidéo sur stéroïdes. Je trouve important d'avoir du plaisir en mixant, et avec ce système, j'ai toujours hâte de commencer un mix. Évidemment, l'outil ne remplace pas les bases : savoir pourquoi on compresse ou on égalise reste la clé. C'est ce que vous apprendrez dans MIX 101, et la Mix Masterclass vous montre comment enchaîner ces décisions sur une chanson complète.
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