Shure SM7B : mythe ou réalité ? Test et comparaison
Le Shure SM7B est l'un des micros les plus célèbres pour la voix, en musique comme en radio et en podcast. On entend aussi beaucoup qu'il lui faut absolument un préampli haut de gamme pour bien sonner. Mythe ou réalité ? J'ai enregistré de nombreuses voix avec ce micro au fil des années ; ici, je le teste avec des préamplis de toutes gammes et je le compare à un Neumann U87 sur des voix superposées.
Pourquoi le SM7B est si apprécié
Selon l'histoire racontée par Shure, les ingénieurs ont reçu pour mission de reprendre la capsule du SM57 et de l'améliorer sans contrainte de budget ni de taille. Résultat, le SM7, lancé dans les années 70. Ce qui le caractérise :
- Une réponse étendue dans les basses, qui donne des voix et des instruments plus généreux dans le grave qu'avec un SM57.
- Une suspension interne qui limite les bruits mécaniques quand on manipule le pied.
- Un excellent rejet des sons venant de l'arrière : parfait en radio avec plusieurs intervenants, ou en studio quand on enregistre la voix en même temps que le groupe, pour garder un bon détachement.
- Un très bon rejet des interférences électromagnétiques (écrans, néons, appareils électroniques), appréciable en home studio.
Il donne une voix très intelligible, facile à comprendre et agréable sur la plupart des systèmes d'écoute : voiture, écouteurs, enceinte de salon. En musique, il fonctionne aussi très bien sur la batterie, la guitare électrique et même certaines percussions comme le shaker. Évitez-le seulement pour les sources très subtiles. Si vous hésitez entre les deux familles de micros, voyez micro dynamique ou à condensateur pour la voix.
Ce qu'il y a dans la boîte
Le SM7B est un gros micro, monté sur une lyre intégrée, avec la connexion XLR à l'arrière. On y trouve aussi deux commutateurs pour adapter le son à vos besoins :
- un filtre coupe-bas pour réduire les basses fréquences ;
- un boost de présence dans le haut-médium.
La bonnette se retire, ce qui permet de voir où se trouve la capsule : utile si vous l'associez à un autre micro, pour aligner les deux. Une seconde bonnette plus épaisse est fournie, pour la radio parlée ou les voix qui produisent beaucoup de plosives.
Faut-il vraiment un préampli haut de gamme ?
Le SM7B a un niveau de sortie très faible, d'où sa réputation de micro exigeant. Pour vérifier, j'ai enregistré la même voix avec plusieurs préamplis :
- un préampli Great River haut de gamme ;
- le préampli d'une petite carte son Apogee, de bonne qualité sans être haut de gamme ;
- celui d'une petite console Mackie 402VLZ4, très bas de gamme, achetée moins de 100 dollars ;
- celui d'une vieille interface Digidesign 002, qui s'est révélé clairement défectueux : rien à en tirer, et ce résultat n'est pas représentatif.
Le Great River donne une voix plus généreuse dans le grave. L'Apogee est très propre, un peu moins généreux dans les basses. Et le Mackie m'a franchement surpris : en compensant les basses à l'EQ, on s'en sort très bien. Il y a un léger bruit de fond, mais rien de dérangeant, et à peine plus qu'avec les autres. D'ailleurs, la voix de la vidéo a été enregistrée avec un SM7B branché dans un petit préampli d'entrée de gamme.
Verdict : le SM7B se comporte très bien même avec des préamplis modestes. Un bon préampli apporte un peu plus de rondeur et de générosité, mais il n'est pas indispensable. Pour savoir quand un préampli externe vaut la peine, lisez faut-il un préampli externe.
SM7B contre Neumann U87
Deuxième test : des voix superposées (plusieurs prises empilées), enregistrées avec les mêmes réglages, une fois au Neumann U87, une fois au SM7B. Seules une compression, une saturation à lampes et un peu de réverbération étaient appliquées. La différence s'entend clairement :
- Le U87 a plus de profondeur et de dynamique dans les basses. Il est plus détendu, un peu en retrait.
- Le SM7B est beaucoup plus centré sur les médiums. La voix est plus en avant et perce davantage le mix.
Sans aucune égalisation, j'aurais tendance à retirer un peu de médiums vers 500 Hz sur le SM7B pour l'arrondir et le réchauffer. Mais on peut travailler l'un pour le rapprocher de l'autre, et inversement. L'interprétation compte aussi : la prise au SM7B était un peu plus énergique, ce qui change la perception. Un comparatif parfait est pratiquement impossible. Au final, c'est une question de goût, de style et de voix. J'aime les deux, et j'ai enregistré beaucoup de voix pop et électro au SM7B.
Un avantage pratique sous-estimé
Grâce à son excellent rejet arrière, on peut enregistrer une voix au SM7B sans casque, avec la musique qui joue dans les moniteurs, l'artiste à côté de soi en régie. Le détachement reste bon. Pour la dynamique d'une séance, c'est très appréciable. Pour en tirer le meilleur, voyez aussi mes 4 conseils pour enregistrer une voix avec un micro dynamique.
Mythe ou réalité ?
Le SM7B mérite sa réputation, mais l'idée qu'il exige un préampli de luxe tient plutôt du mythe. Avec un préampli correct et une bonne technique de prise, il donne des voix présentes qui passent bien dans un mix. Et une fois la voix enregistrée, encore faut-il bien la mixer : ma formation MIX 101 vous donne les bases, ou je peux m'en charger avec mon service de mix.
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