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3 clés pour bien mixer la voix avec l'instru

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Etienne Tremblay – mixer la voix avec l'instru

Que vous mixiez du rap, du rock ou de la pop, faire tenir une voix dans l'instrumental est souvent le plus gros défi du mix. Voici les trois éléments clés à surveiller, avec quelques trucs si vous galérez avec l'un d'eux.

Avant tout : le volume de la voix

Il n'y a pas de recette : c'est une question de goût, de style et même de culture. Si règle il y avait, ce serait celle-ci : montez la voix jusqu'à ce que le texte soit bien compréhensible, puis ajoutez encore 1 à 3 dB. Et attendez-vous à ce que chaque artiste ait sa propre sensibilité là-dessus.

Clé 1 : l'effet de masque

L'effet de masque, c'est quand deux instruments occupent les mêmes fréquences et entrent en conflit. Pour la voix, surveillez surtout les instruments harmoniques, guitares et claviers, qui jouent dans la même zone qu'elle. C'est d'ailleurs pour ça qu'il est si difficile de mixer une voix sur une instru stéréo déjà mixée sans elle : plein de mids se battent avec la voix.

  • Les fréquences à surveiller : la plupart des voix vivent entre 200 et 1 200 Hz. Mais les voix très autotunées de trap, par exemple, occupent aussi beaucoup le 7-8 kHz et plus : attention alors aux instruments dans les aigus.
  • L'EQ : dans l'exemple de la vidéo, j'ai creusé les mids d'une guitare acoustique à la fois résonante et en conflit avec la voix. Elle recule, et la voix respire.
  • Le panoramique : un instrument panné à 25 % est encore proche du centre. L'écarter davantage réduit souvent le masquage.
  • Le side-chain : sur un clavier, j'utilise une compression multibande (ou un EQ dynamique) déclenchée par la voix, pour atténuer ses mids de quelques dB seulement quand la voix chante.

Clé 2 : la dynamique de la voix

Comparez le niveau de compression de la voix à celui de l'instrumentation, en tenant compte du style et de l'interprétation.

  • Plusieurs compresseurs : sur une voix très douce et très dynamique, j'ai utilisé un premier compresseur rapide pour les attaques, un 1176 avec une attaque plus lente pour écraser davantage, puis un compresseur multibande pour rééquilibrer la réponse en fréquence d'un passage à l'autre. Une émulation de ruban et un peu de saturation ajoutent aussi une forme de compression et de couleur.
  • Attention à la surcompression : au-delà d'un certain point, on dénature la voix et on lui enlève sa profondeur.
  • Les traitements parallèles : sur les voix douces, j'aime beaucoup la saturation parallèle, ajoutée graduellement en contexte. À petite dose, ça donne juste le petit extra qui manquait.

Clé 3 : les effets et la spatialisation

Une instru très réverbérée avec une voix toute sèche, ou l'inverse, et ça clash. La solution la plus simple : plusieurs effets plutôt qu'une seule réverb.

  • Une réverb de pièce pour donner un peu de dimension.
  • Une réverb plus longue pour la longueur et l'effet.
  • Un slap delay, que je compresse et égalise.
  • Un effet d'élargissement, comme Soundtoys MicroShift.

Toujours égaliser ses effets : enlever des mids garde la proximité de la voix, et filtrer les aigus évite une réverb ou un delay trop brillants. Rien ne fait plus amateur que ça.

Avec plusieurs effets, on peut aussi suivre la dynamique de la chanson : plus de plate ou de slap au refrain pour grossir la voix. Si l'effet est compressé, faites l'automation sur le retour plutôt que sur le send, pour garder le même taux de compression.

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Pour aller plus loin

Pour la méthode complète sur une voix, lisez Comment mixer une voix en 5 étapes. Et pour aller jusqu'au bout d'un mix, dans différents styles, voyez ma formation MIX MASTERCLASS.

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