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Comment savoir qu'un mix est terminé (et quoi vérifier avant)

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Etienne Tremblay – savoir quand un mix est terminé

Quand sait-on qu'un mix est terminé ? C'est la grande question existentielle de la MAO, surtout quand on mixe ses propres chansons : on corrige, on corrige encore, et on finit par ne plus savoir si on améliore le mix ou si on vient de le gâcher. Voici les cinq vérifications que je fais avant de terminer un mix, puis la méthode qui m'évite de tomber dans la boucle des corrections sans fin.

5 choses à faire avant de terminer un mix

1. Écouter une référence

On le fait normalement en début de processus, mais honnêtement, ça m'arrive souvent d'oublier. Alors je le fais au minimum à la toute fin. Importez une chanson bien produite, bien mixée et bien masterisée, d'un artiste que vous connaissez bien et dans un style cohérent avec votre projet. Elle vous renseigne sur le volume, la réponse en fréquence, le punch, l'ouverture : c'est votre « reality check ». Voyez comment bien utiliser une piste de référence.

2. Geler (freeze) les pistes

La fonction Freeze de Cubase (on la retrouve sous d'autres noms dans les autres logiciels) a deux avantages. D'abord, elle libère le processeur : en fin de mix, il y a toujours des corrections et des réexportations, qui seront plus rapides. Ensuite, elle réduit le bruit de fond. Beaucoup de plugins génèrent un léger souffle en continu : sur une guitare qui ne joue que deux passages de dix secondes, ce bruit court du début à la fin de la chanson. Une fois la piste gelée, il n'y a plus de bruit là où la guitare ne joue pas. C'est un peu fastidieux (une piste à la fois), mais ça vaut la peine.

3. Faire les automations de volume de fin

Les plugins des sous-groupes ne se gèlent pas : faites de petites automations de volume (mute ou descentes) sur les sous-groupes là où ils ne jouent pas, pour réduire le bruit de fond. Et à la toute fin, je fais toujours une automation de volume sur mon mix bus pour descendre complètement à zéro juste avant la fin de la chanson. Une émulation de bande sur le mix bus, par exemple, laisse toujours un petit souffle. Le bruit de fond n'est pas grave en soi, tant qu'il arrive et repart de façon musicale, sans coupure brusque.

4. Écouter au casque

Une bonne écoute au casque révèle une foule de petits détails qu'on n'entend pas toujours sur les moniteurs : un « boum » dans les basses quand le chanteur souffle sur le micro, de petits clics très subtils, des fondus mal faits à l'édition, un bruit de fond qui apparaît ou coupe brusquement. Revenez en arrière et corrigez. J'explique comment rendre cette écoute plus fiable dans mixer au casque avec la courbe Harman.

5. Vérifier le volume apparent (LUFS)

Vérifiez que la sensation de volume est cohérente avec le style et le support. Si je termine un mix métal à -12 LUFS, c'est un peu faible : les fans de métal s'attendent plutôt à des mix autour de -8 LUFS, voire plus forts. À l'inverse, pour une chanson pop destinée uniquement à YouTube, à -8 LUFS j'ai intérêt à réduire un peu mon limiteur pour me rapprocher de -13 LUFS, la valeur de normalisation de la plateforme à l'époque de la vidéo : un mix plus fort sera de toute façon baissé par le lecteur. Et à volume perçu égal, un mix qui a gardé plus de dynamique sonne mieux. Pour comprendre ces mesures, lisez LUFS / LKFS : définition et utilisation.

Comment savoir que le mix est terminé : ma méthode

Le vrai piège, c'est la boucle de corrections infinie. Pour l'éviter, j'applique à peu près toujours la même méthode, sur mes productions comme sur celles de mes clients.

Gardez toutes vos versions

Premier conseil : gardez toutes les versions de votre chanson. Si vous composez vous-même, exportez la première balance de volume qui se tient, avant même de vraiment mixer : elle représente souvent l'essence de la chanson. Ensuite, réimportez chaque version de mix dans la session (en mute) pour pouvoir comparer. Le jour où votre mix numéro 5 sonne moins bien que le numéro 4, c'est le signal qu'il est temps de terminer.

Le mix en passes, avec des pauses

  1. Un mix statique : en quelques heures, un mix qui se tient sans aucune automation. J'en profite pour faire une forme de pré-mastering sur le master (compression, EQ, limiteur).
  2. Une longue pause : le lendemain idéalement, ou au moins un repas, une marche, une douche.
  3. Une passe d'automation pour rendre le mix vivant : transitions couplet-refrain excitantes, section rythmique qui pousse dans les refrains, effets qui évoluent.
  4. Une autre pause, pour se sortir le mix des oreilles.
  5. Le « reality check » : comparaison avec des références. J'ai tendance à mixer avec trop de bas, donc je vérifie toujours ce point. Le volume apparent est-il suffisant ? Le mix est-il assez clair ? J'ajuste les éléments clés (voix, kick, caisse claire, certains effets) et l'EQ du master.
  6. Écoute sur plusieurs systèmes : voiture, écouteurs, enceinte Bluetooth, à différents moments de la journée et à différents volumes. La voix tient-elle ? Le kick passe-t-il ? Y a-t-il de la saturation ?
  7. Deux ou trois passes de corrections mineures : on parle de 0,5 ou 1 dB sur la voix, d'un petit ajustement d'EQ. Et c'est terminé.

Pour ces écoutes, j'utilise une plateforme en ligne qui garde toutes mes versions et me permet de les comparer depuis mon téléphone. Il m'arrive de constater que le dernier mix est devenu trop agressif à force de vouloir ajouter de la clarté, et que le précédent était meilleur.

Pourquoi une méthode fait progresser

Même si vous n'êtes pas totalement satisfait du résultat, une méthode claire vous permet d'identifier où ça a déraillé. Après des dizaines de corrections, impossible de savoir si le problème vient de la quatorzième, celle où vous avez ajouté un side-chain des claviers sur la voix en pensant que c'était génial. Vous ne serez peut-être jamais satisfait à 100 % d'un mix. L'important, c'est d'apprendre de vos erreurs d'un mix à l'autre.

Pour aller plus loin

Une fois le mix terminé, place au mastering : préparez votre fichier correctement avec exporter son mix pour le mastering, puis confiez-le à mon service de mastering en ligne si vous voulez une oreille extérieure. Et pour apprendre une méthode de mix complète, de la préparation à la version finale, suivez ma Mix Masterclass.

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