Filter Factory de Process.audio : test d'un filtre créatif
26 octobre 2026
Le Filter Factory de Process.audio, c'est un filtre sur les stéroïdes : plusieurs types de filtres, une section de saturation, un étalement stéréo et plusieurs modes de modulation, le tout dans une interface simple. Je l'ai essayé sur un clavier, un beat électro, une basse et une guitare. Voici à quoi il sert, comment il fonctionne et les réglages à surveiller quand on part d'un preset.
Pourquoi j'aime autant les filtres
Le filtre est un outil d'arrangement autant qu'un outil de mix. Je m'en sers beaucoup pour :
- les intros et les outros, quand on veut faire entrer ou sortir la chanson progressivement ;
- les transitions entre deux sections ;
- les ponts, pour donner une ambiance différente au reste du morceau ;
- les lignes de clavier ou de guitare un peu répétitives, auxquelles on veut ajouter de la texture et du mouvement pour qu'elles deviennent moins redondantes.
C'est souvent ce petit détail de texture qui change toute l'ambiance d'une chanson. Si vous voulez réviser les bases du filtrage avant d'aller vers ces usages créatifs, lisez mon article sur le low cut (filtre passe-haut).
Les types de filtres
Le cœur du plugin, c'est le choix du type de filtre. On y trouve :
- Future : un filtre moderne, plus expérimental ;
- Smooth : une version plus douce ;
- Talk : il imite les formants de la voix, un peu comme une talk box ;
- Bass : optimisé pour les basses ;
- Phaser : il sonne comme un phaser ;
- un mode inspiré de la célèbre pédale wah Cry Baby ;
- et des filtres passe-haut et passe-bas très classiques.
Une aide interactive intégrée décrit chaque élément, pratique pour la prise en main.
Drive, tonalité et stéréo
La section de droite ajoute de la couleur après le filtre : un drive (saturation), un réglage de tone pour assombrir ou éclaircir le résultat, et un spread qui élargit l'image stéréo. Selon le preset, l'effet de ces réglages est plus ou moins évident. Sur des presets comme les mouvements stéréo doux, le spread donne vraiment de l'espace à une ligne de clavier toute simple.
En bas, on retrouve les réglages globaux : thème clair ou sombre, suréchantillonnage (oversampling), mix dry/wet et gain de sortie. Le mix dry/wet est utile pour doser l'effet sans tout transformer.
Les trois modes de modulation
Un filtre fixe, c'est utile. Un filtre qui bouge, c'est là que ça devient intéressant. Le Filter Factory propose trois façons de moduler la fréquence du filtre :
- LFO : une oscillation qui peut être synchronisée sur le tempo de la chanson, avec ses propres réglages, y compris un comportement stéréo.
- Enveloppe : le filtre réagit à la dynamique du signal. On règle un seuil pour l'ouverture, un autre pour l'ouverture maximale, ainsi que l'attaque et le release.
- Manuel : on contrôle soi-même la position du filtre, par exemple avec de l'automation. Je ne l'ai pas testé, mais il est probablement possible de l'assigner à une pédale d'expression pour le jouer en direct, ce qui peut intéresser les guitaristes.
Dans tous les cas, on choisit la zone du spectre où la modulation se produit et la largeur de cette zone.
Ajuster les presets selon la source
Les presets de Process.audio sont souvent très créatifs. Quand une partie est redondante et qu'on cherche une ambiance particulière, se promener dans les presets fait parfois tomber sur un son complètement opposé à ce qu'on avait en tête, et c'est justement lui qui donne toute la personnalité au morceau.
Attention toutefois avec les presets en mode enveloppe : il faut presque toujours ajuster les seuils. Selon le niveau de votre signal, vous voulez que le filtre s'ouvre uniquement sur les attaques ou qu'il reste ouvert en permanence, et ce n'est pas le même réglage. Adaptez aussi la plage de filtrage à la source : une basse et une guitare n'occupent pas du tout la même zone du spectre.
Sur un beat, une basse et une guitare
Sur un beat électro à base de TR-808, c'est la saturation qui m'a le plus plu : la 808 devient franchement agressive, une vraie déflagration. Sur la basse électrique, les effets type talk box sont très réussis, et certains presets plus « stoner » donnent du caractère en un clic. Sur la guitare, les modes à enveloppe rappellent la wah automatique, à condition de bien régler le seuil. Pour aller plus loin dans ce genre de couleur, voyez aussi la différence entre distorsion et saturation.
Mon avis
Le Filter Factory est simple, intuitif et très amusant, autant pour des effets classiques que pour des choses plus originales. Comme pour les autres plugins de Process.audio (j'avais aussi testé leur distorsion Spice Rack), les presets sont un excellent point de départ. Une version d'essai est disponible sur leur site.
Savoir quand un effet de ce genre sert la chanson, et quand il l'encombre, c'est tout l'enjeu d'un mix réussi. C'est ce qu'on travaille sur des chansons complètes dans la Mix Masterclass.
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