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16, 24 ou 32 bits float : quelle résolution choisir ?

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Etienne Tremblay – résolution 16, 24 ou 32 bits float

16 bits, 24 bits, 32 bits, 32 bits float, 64 bits float : quelle résolution choisir pour enregistrer et mixer ? Le sujet est aride, alors je vais à l'essentiel. Si vous voulez seulement la réponse : enregistrez et mixez en 24 bits. Pour comprendre pourquoi, et savoir à quoi servent vraiment le 32 et le 64 bits float, lisez la suite.

Si j'en parle, c'est qu'on m'envoie de nouveau régulièrement des sessions en 16 bits, pour le mix ou le mastering. Ça vaut donc la peine de rappeler l'intérêt du 24 bits.

La réponse courte

  • Enregistrement et mix : 24 bits, dans la grande majorité des situations.
  • Fréquence d'échantillonnage : c'est une autre question. Personnellement, je travaille toujours en 44,1 kHz, mais c'est une affaire de goût et de contexte. J'en parle en détail dans quelle fréquence d'échantillonnage choisir.
  • 16 bits : uniquement à la toute fin, pour un CD par exemple.

16 bits ou 24 bits : la plage dynamique

La profondeur de bits détermine la plage dynamique disponible :

  • 16 bits : environ 96 dB ;
  • 24 bits : jusqu'à 144 dB environ.

Autrement dit, on dispose de beaucoup plus de dynamique lors de la captation et du mix. À la prise de son, ça se traduit par un meilleur rapport signal/bruit : votre signal est plus éloigné du bruit de fond, et vous gardez plus de marge avant de taper dans le rouge et de saturer. C'est d'ailleurs ce qui permet d'enregistrer à des niveaux raisonnables (voir la règle du -18 dBFS) sans craindre le souffle.

Au mix, tous les traitements (égalisation, compression, effets temporels) sonnent mieux en 24 bits, parce que les plugins disposent de plus d'informations.

Rester en 24 bits jusqu'au bout

On reste en 24 bits jusqu'à la toute fin, master stéréo compris. Si on a besoin d'une version CD (16 bits, 44,1 kHz), on fait la conversion à ce moment-là seulement.

Pour les plateformes de streaming, on livre généralement du 24 bits. Ce sont les services (Spotify, Apple Music et les autres) qui compressent le fichier : mieux vaut leur donner la plus haute résolution possible. L'algorithme de compression travaille avec plus d'informations, ce qui peut donner un meilleur résultat, et si un service augmente un jour sa qualité de diffusion, il pourra repartir de ce fichier.

Le 32 bits fixe : aucun intérêt en pratique

La grande majorité des cartes son et des convertisseurs ont une résolution maximale de 24 bits. Ils ne peuvent pas capter ni restituer plus que ça. Enregistrer en 32 bits fixe donne seulement des fichiers plus lourds : si le convertisseur sature à 24 bits, le fichier 32 bits contiendra exactement la même saturation. C'est comme photographier un Polaroïd avec un excellent appareil en espérant récupérer des pixels.

Le 32 bits float : de la marge pour les traitements internes

Le 32 bits float, c'est autre chose. Votre fichier ne contient pas plus d'information captée (on reste sur les 144 dB du 24 bits), mais le logiciel ajoute 8 bits d'exposant pour le calcul interne. Ça donne une marge énorme, presque impossible à saturer, pour le traitement à l'intérieur du DAW.

L'exemple des traitements offline

C'est là que la différence devient concrète. Prenons les traitements appliqués directement sur les segments audio : l'AudioSuite de Pro Tools ou le Direct Offline Processing de Cubase.

  • En 24 bits : si j'applique un gros boost dans les basses avec un EQ et que ça dépasse, la distorsion est écrite dans le fichier. Même si je baisse le volume ensuite, elle reste.
  • Le même EQ en insert : en baissant le fader, dans bien des cas, la distorsion disparaît, puisque le moteur de mix du DAW travaille en virgule flottante. Attention quand même : beaucoup de plugins saturent à l'intérieur, dans le domaine numérique. Ne faites jamais saturer un plugin, peu importe le format.
  • En 32 bits float : le traitement offline ne saturera pratiquement jamais, même avec un boost exagéré.

Et le 64 bits float ?

Même logique : faire fonctionner les traitements internes à une résolution encore plus élevée, avec en théorie moins d'erreurs de calcul. Je l'ai essayé quelques fois : je n'ai pas remarqué de différence flagrante, ni de surcharge du processeur notable. Je n'ai pas assez de recul pour avoir une opinion tranchée. Pour la majorité des gens, ça n'a rien d'indispensable.

Un mot sur le dithering

Quand on réduit la résolution, il faut parfois appliquer du dithering :

  • de 24 bits vers 16 bits : oui ;
  • de 32 bits fixe vers 24 ou 16 bits : oui ;
  • de 32 ou 64 bits float vers 24 bits : non. On ne perd pas de résolution réelle, on retire seulement l'exposant ajouté pour le calcul.

Le sujet mérite son propre article : voyez le dithering : pourquoi, quand et comment.

Pour aller plus loin

Le bon format de session, c'est la base technique. Pour que vos mix en profitent vraiment, ma formation MIX 101 vous donne les fondations en EQ, compression et gestion des niveaux. Vous pouvez aussi commencer par mes guides gratuits.

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