Quelle carte son choisir pour la MAO : 3 choix selon votre budget
Quelle carte son choisir pour enregistrer à la maison ? C'est une des questions qu'on me pose le plus souvent. Plutôt qu'une liste interminable, je vous présente trois interfaces audio que je connais bien, à trois niveaux de budget et d'expérience, et surtout les critères qui font vraiment la différence entre elles : nombre d'entrées, qualité des préamplis, sorties, connectique et durabilité.
Les critères qui comptent vraiment
Avant de parler de modèles, voici ce qu'il faut regarder sur une carte son (ou interface audio) :
- Le nombre d'entrées : combien de micros ou d'instruments vous voulez enregistrer en même temps. Pour une voix et une guitare, deux entrées suffisent. Pour une batterie ou un groupe, il en faut beaucoup plus.
- Les entrées hybrides (combo) : elles acceptent soit un câble XLR de micro, soit un jack 6,35 mm pour une guitare, une basse ou un clavier.
- L'alimentation fantôme 48 V : indispensable pour un micro à condensateur.
- Les préamplis : c'est la composante qui amplifie le signal du micro. Elle influence directement le son de la prise et le niveau de bruit de fond.
- Les sorties : idéalement symétriques (on dit aussi « balancées ») pour brancher vos moniteurs, et plus nombreuses si vous voulez utiliser des effets externes.
- La construction : un boîtier en métal résiste mieux au transport et aux années.
Si vous partez de zéro, voyez aussi mon article sur le matériel essentiel pour débuter en MAO.
Pour débuter : Focusrite Scarlett 2i2
Focusrite fait d'excellents produits pour débuter : ils sont abordables et la qualité est tout à fait correcte. La Scarlett 2i2 (j'utilisais la 2e génération à l'époque de la vidéo) se branche en USB et offre :
- deux entrées hybrides à l'avant, pour deux micros, deux instruments ou la sortie stéréo d'un clavier ;
- le bouton 48 V pour les micros à condensateur ;
- le volume des moniteurs et une sortie casque à l'avant ;
- une sortie stéréo en jack 6,35 mm symétrique à l'arrière.
Je vous conseille vraiment la 2i2 plutôt que la version Solo à une seule entrée. Au-delà de l'entrée en moins, la Solo de cette génération sortait en RCA non symétrique : une sortie d'un peu moins bonne qualité et plus sensible aux interférences électriques et électromagnétiques. Avec la 2i2, vous n'êtes pas limité : vous pouvez faire de la vraie musique, et l'investissement reste modeste.
Pour progresser : MOTU Audio Express
Un cran au-dessus, la MOTU Audio Express. MOTU fabrique des interfaces utilisées par les professionnels depuis des années. On passe à un boîtier en métal, plus robuste, plus adapté si vous vous déplacez avec votre matériel. Les différences :
- Quatre entrées : deux entrées hybrides pour micros ou instruments, plus deux entrées ligne (3 et 4). S'y ajoute une entrée/sortie S/PDIF (stéréo numérique), mais pour une première carte son, comptez plutôt sur quatre entrées réellement utiles.
- De meilleurs préamplis : plus silencieux, avec un son un peu plus agréable. Honnêtement, si vous débutez, vous n'entendrez pas forcément la différence avec la Scarlett.
- Quatre sorties : pratique pour utiliser un module externe, une réverbération par exemple. Vous sortez par les sorties 3-4 vers le module et revenez dans les entrées 3-4.
- Connexion USB ou FireWire, et une entrée/sortie MIDI. Aujourd'hui, la plupart des claviers se branchent en USB, donc le MIDI classique est moins essentiel, mais ça peut dépanner.
Pour durer : RME Fireface UC
Là, on entre dans le matériel professionnel. RME s'adresse aux semi-pros et aux pros, avec un prix nettement plus élevé. La Fireface UC n'a, elle aussi, que deux entrées hybrides pour les micros, mais elle ajoute deux entrées ligne/instrument à l'avant et quatre entrées ligne à l'arrière, soit huit entrées analogiques simultanées.
C'est ce qui la rend intéressante pour l'enregistrement multipiste. Avec une petite console d'occasion (ou des préamplis externes plus haut de gamme) branchée sur les entrées ligne, vous pouvez enregistrer une batterie ou un groupe complet à la maison. Elle offre aussi :
- du S/PDIF et de l'ADAT en entrée et en sortie : avec un convertisseur ADAT externe, on peut ajouter jusqu'à huit entrées de plus ;
- un Word Clock, pour synchroniser la carte avec une horloge externe dans certains contextes particuliers ;
- six sorties ligne symétriques et une entrée/sortie MIDI ;
- d'excellents préamplis et une électronique de très grande qualité, ce qui finit par s'entendre dans vos productions.
Pour ajouter des préamplis de meilleure qualité à une interface, lisez aussi faut-il un préampli externe.
Laquelle choisir ?
Le matériel ne doit jamais être une raison de ne pas faire de musique. Si vous débutez et que vous voulez simplement commencer, une Scarlett est largement suffisante : on peut faire des albums entiers avec ça. Ça se passe surtout entre les deux oreilles.
Si vous faites surtout de la voix, de la guitare et de la basse, une à la fois, inutile d'avoir huit entrées. Si vous avez un groupe, ou si vous voulez enregistrer une batterie, une interface comme la RME prend tout son sens.
Enfin, un modèle haut de gamme est souvent un achat plus durable : vous serez moins tenté de changer de matériel. Une RME peut facilement vous accompagner 10 ou 15 ans, à condition que les pilotes suivent l'évolution de votre ordinateur, et elle sera encore très bonne dans dix ans. Pour éviter les achats regrettés, voyez les 5 erreurs à ne pas faire en achetant du matériel de studio.
Et après la carte son ?
Une bonne interface, c'est le point de départ. Ce qui fera la différence ensuite, c'est ce que vous faites de vos prises au mix. Ma formation MIX 101 vous apprend à vous servir de l'égaliseur, du compresseur et des outils de base, quel que soit votre matériel.
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