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Home studio : le matériel essentiel pour débuter en MAO

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Etienne Tremblay – le matériel essentiel pour débuter un home studio

Vous voulez monter votre home studio mais vous ne savez pas quoi acheter en premier ? Pour débuter en MAO, cinq pièces suffisent : un ordinateur, une carte son, un micro, un casque et des moniteurs. Voici comment bien choisir chacune sans tomber dans le suréquipement, puis les petits accessoires pas chers que j'utilise toutes les semaines dans mon studio.

1. L'ordinateur : Mac ou PC, peu importe

C'est la pièce de base : l'enregistrement sur ordinateur est la façon la plus simple et la plus abordable de faire de la musique aujourd'hui.

Mac ou PC ? On s'en fiche. Prenez le système que vous connaissez le mieux. L'erreur classique : acheter un Mac parce que « tout le monde en studio a un Mac », puis se battre avec un système qu'on ne maîtrise pas, et ne pas faire plus de musique pour autant. Si vous avez déjà un ordinateur, commencez avec.

Trois conseils pour de meilleures performances :

  • De la mémoire vive : le plus possible, c'est une amélioration qui coûte peu.
  • Un SSD : remplacer un disque dur mécanique par un SSD, c'est le jour et la nuit, surtout sur un portable (mais aussi sur une tour).
  • Deux disques : l'idéal est d'en avoir un pour le système et les logiciels, et un autre pour vos sessions et fichiers audio.

Un portable a aussi un vrai intérêt si vous voulez enregistrer ailleurs que chez vous. Si ça vous fait faire plus de musique, c'est gagné.

2. La carte son : deux entrées suffisent

La carte son intégrée à l'ordinateur ne suffit jamais : pas d'entrée micro, pas d'entrée instrument, et une qualité sonore et un bruit de fond assez ordinaires. Une interface audio avec deux entrées et deux sorties couvre l'essentiel des besoins quand on débute : voix, guitare, percussions, et même une prise de son stéréo.

Le piège : acheter une carte huit entrées « au cas où » vous enregistreriez une batterie un jour. Si vous pensez peut-être le faire, prenez une deux entrées. Le jour où vous en aurez vraiment besoin, vous pourrez changer de carte ou louer le matériel. C'est comme une voiture : pour deux ou trois usages par an, la location revient souvent moins cher.

Côté marques, M-Audio propose des modèles très abordables, Avid un peu plus haut, puis Apogee ou RME dans le haut de gamme. On trouve aussi de bonnes affaires en occasion. Et rassurez-vous : l'électronique a tellement évolué que même les cartes d'entrée de gamme actuelles sonnent bien mieux que des cartes haut de gamme d'il y a quinze ou vingt ans. Pour le détail, lisez comment choisir sa carte son.

3. Le micro : un condensateur polyvalent

Si vous ne devez acheter qu'un seul micro, prenez un micro à condensateur. Il est sensible et sa réponse en fréquence est étendue : il capte bien les graves, les médiums et les aigus, et vous servira pour la voix, la guitare acoustique, les percussions, etc. Il existe de très bons modèles abordables ; j'ai moi-même commencé avec un Behringer B-1. Je conseille souvent des marques qui ont un historique dans le micro, comme Audio-Technica, AKG ou Rode, gage d'une certaine qualité.

Si votre pièce est très bruyante, un micro dynamique comme le SM57 ou le SM58 est une meilleure option : moins sensible, il capte beaucoup moins le bruit ambiant. Et ne le sous-estimez pas : des artistes qui ont vendu des millions d'albums ont enregistré leurs voix dans un SM57. Ce qui compte, c'est l'émotion et la musique. Plus de détails dans quel micro choisir pour le chant en home studio.

4. Le casque : fermé pour enregistrer

Avec un micro à condensateur, impossible de faire jouer la musique dans la pièce pendant que vous chantez : il faut un casque. Choisissez un modèle fermé, pour que le son ne s'échappe pas dans le micro. Un casque ouvert sonne plus aéré, mais il laisse fuir le son. J'ai longtemps travaillé avec un Audio-Technica ATH-M40, un excellent casque abordable.

5. Les moniteurs : indispensables pour mixer

Pour mixer, il faut à mon avis des moniteurs de studio, c'est-à-dire des enceintes dédiées à l'enregistrement, au mix et au mastering. Plusieurs marques proposent de bonnes paires d'entrée de gamme, et c'est avec ce genre de modèle que j'ai commencé.

Pourquoi j'insiste ? Parce que le son est aussi un phénomène physique. Quand je mixe, je sens les basses fréquences vibrer dans ma cage thoracique et dans le sol, et j'adapte mon mix à ces repères. On fatigue aussi beaucoup moins ses oreilles. Et un bon mix sur moniteurs sonne généralement bien au casque, alors que l'inverse est moins vrai : un mix fait au casque révèle souvent une voix trop forte ou trop loin une fois écouté sur enceintes. Cela dit, si c'est tout ce que vous avez, vous pouvez faire un bon bout de chemin avec. Une fois les moniteurs achetés, pensez à leur placement et au point d'écoute.

5 accessoires que j'utilise chaque semaine

Une fois l'essentiel en place, voici les petits accessoires sans prétention qui me servent presque toutes les semaines, présentés dans la vidéo ci-dessous.

Un sonomètre

Les applis de téléphone ne sont pas toujours calibrées avec le micro du téléphone : pour une mesure fiable, un vrai sonomètre est préférable. Il sert à calibrer ses moniteurs, et je l'utilise souvent juste pour vérifier à quel volume je travaille. Quand j'ai l'impression que c'est plus fort ou moins fort que d'habitude, le sonomètre tranche.

Un pinceau et un souffleur électrique

Un pinceau neuf, c'est parfait pour dépoussiérer le matériel entre les potentiomètres. La version « pro » est le souffleur électrique (electric duster) : il est infernalement bruyant, mais son jet d'air nettoie en un instant les diffuseurs acoustiques pleins de petits trous et l'électronique en général.

Une étiqueteuse (et un graveur)

Avec une étiqueteuse comme la P-touch de Brother, je colle le nom de chaque appareil sur son bloc d'alimentation. Version plus radicale : graver ses initiales sur les micros qu'on ne revendra jamais, comme mes SM57. En concert, rien ne ressemble plus à un SM57 qu'un autre SM57 (je m'abstiens évidemment sur le matériel haut de gamme).

Un mètre ruban et un laser

Le mètre sert à mesurer la distance entre les enceintes et le point d'écoute, pour former un triangle équilatéral, et à les placer par rapport aux murs. Le télémètre laser mesure sans bouger, avec plus de précision. J'ai aussi acheté un niveau laser à croix autonivelant : il m'a permis de placer le micro de mesure exactement entre le tweeter et le woofer pour la calibration (un micro mal placé donne une calibration faussée), et d'aligner mes moniteurs dans une maison au plancher pas tout à fait droit.

Une manivelle à cordes

Pour les guitaristes et bassistes, la manivelle permet de changer les cordes bien plus vite. Et en enregistrement, il faut les changer souvent : de vieilles cordes rendent la justesse et les harmoniques approximatives. La version que j'adore, c'est le TurboTune de Dean Markley : un embout qui s'adapte aux mécaniques et se fixe sur une perceuse. Difficile d'aller plus vite.

Bonus : les attaches velcro

Pour organiser les câbles, et avec plusieurs couleurs, faire un code par longueur : je retrouve vite deux câbles identiques pour une prise stéréo.

Et une fois équipé ?

Pour apprendre à vous servir de l'EQ et de la compression sur vos premiers enregistrements, ma formation MIX 101 est faite pour ça. Vous pouvez aussi commencer par mes guides gratuits.

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