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Mixer un album : obtenir un son cohérent d'un titre à l'autre

mix
Etienne Tremblay – mixer un album au son cohérent

Mixer un album, ce n'est pas mixer dix chansons séparément : il faut que l'ensemble sonne cohérent, d'un titre à l'autre. On me pose souvent la question, alors voici ma méthode, en deux temps : ce qu'on peut faire dès la production pour se faciliter la vie, puis comment j'organise le mix pour garder la même esthétique sur tout l'album.

La cohérence commence à l'enregistrement

Le travail de mix est beaucoup plus simple si certains éléments sont identiques d'une chanson à l'autre :

  • La batterie : enregistrez toutes les batteries de l'album dans le même lieu, avec le même setup (chez vous ou en studio). Vous pouvez changer de caisse claire ou de cymbales selon les morceaux, mais garder la même base donne déjà une section rythmique cohérente, même si vous la balancez différemment ensuite.
  • La voix : même micro, même préampli, à peu près le même placement. C'est sans doute le point le plus important.
  • Les sons électroniques : si vous travaillez avec des boîtes à rythmes et des synthés, réutilisez les mêmes machines ou des claviers similaires. Vous pouvez les modifier d'un titre à l'autre, mais vous partez d'une base commune.

Commencer par la chanson la plus représentative

Quand je mixe un album pour un artiste, je commence toujours par lui demander quelle chanson représente le mieux l'album : souvent le single, la plus forte. On la mixe du début à la fin, avec toutes les corrections, jusqu'à ce que l'artiste soit content et qu'on s'entende sur l'esthétique. Cette chanson devient la référence de tout l'album.

Point important : je reviens toujours à cette première chanson. Pour mixer la troisième, je n'importe pas les réglages de la deuxième, mais ceux de la première, et ainsi de suite. On évite ainsi que l'album dérive petit à petit.

Importer les réglages de la chanson de référence

Je pars d'une session propre, avec seulement les pistes classées par couleur (rythmique, basse, voix…) et aucun traitement. Puis j'importe des éléments de la session de référence, grâce à la fonction que la plupart des DAW proposent : « Import Session Data » dans Pro Tools, « Import Tracks from Project » dans Cubase.

Ce que j'importe :

  • la piste de voix principale et les back vocals (le seul élément vraiment commun entre les chansons, puisque l'instrumentation et les arrangements changent) ;
  • toutes les pistes d'effets (réverbes, délais, etc.) ;
  • les sous-groupes et leurs traitements ;
  • les traitements de la piste master.

Même si la section rythmique est différente, retrouver le même compresseur et le même EQ avec des réglages similaires sur les bus et le master aide énormément à garder une esthétique cohérente. Si vous voulez revoir l'organisation des bus, lisez mon approche du mix des sous-groupes.

J'importe aussi une version stéréo du mix de la première chanson, pour comparer en cours de route le niveau, l'énergie et la couleur. On oublie très vite ce qu'on a fait : l'avoir dans la session permet de se rafraîchir la mémoire. C'est le même principe que mixer avec une piste de référence.

Rerouter et recopier les traitements de la voix

  1. Je reroute les nouvelles pistes vers les sous-groupes importés : la rythmique dans le bus du beat, la basse dans celui de la basse, les claviers dans celui des claviers, les voix dans celui des voix.
  2. Je copie la chaîne de traitements de la voix principale de référence sur la nouvelle voix (dans Cubase, un glisser-déposer suffit : on récupère inserts et sends d'un coup). Même chose pour les back vocals.
  3. J'ajuste le niveau d'entrée : si la nouvelle voix est beaucoup plus forte, je baisse son volume pour que le compresseur travaille à peu près de la même façon. Je vérifie que le de-esser et les compresseurs font un travail correct.

Refaire la balance avec les traitements du master

La plupart du temps, je laisse tous les réglages de la piste master tels quels, limiteur compris, et je mixe à travers eux. Je coupe les voix, je refais ma balance (kick, caisse claire, puis le reste) en surveillant la piste master, je travaille chaque élément, puis je ramène les voix et vérifie que tout fonctionne.

Si cette approche vous fait peur, vous pouvez bypasser les effets du master tout en gardant ceux des sous-groupes, refaire la balance, puis les réactiver. Rien n'est figé pour autant : sur une chanson plus agressive, je pousse un peu plus le compresseur de la voix, je varie la saturation ou l'EQ. Mais l'essentiel du travail est déjà fait, ce qui rend aussi le mix plus rapide.

L'étape finale : tous les mix dans une même session

Une fois tous les mix terminés, je les réexporte une dernière fois sans le limiteur de sortie. Je les importe tous dans une même session, avec un seul limiteur sur le master, réglé avec un gain proche de celui que j'utilisais pendant les mix. J'ajuste le volume de chaque chanson pour que toutes aient un volume apparent semblable.

Au besoin, je fais un dernier petit ajustement avec un EQ sur une ou plusieurs chansons, si certaines manquent de grave ou d'aigu par rapport aux autres. Ce fine-tuning final, c'est ce qui garantit un album vraiment cohérent. Vient ensuite l'assemblage final : voyez comment assembler un album et créer un DDP.

Pour aller plus loin

Si vous préférez confier cette étape, je peux m'occuper du mix de vos chansons ou du mastering de votre album, avec cette même attention à la cohérence.

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