Assembler un album et créer un DDP pour la duplication
L'assemblage est une étape méconnue de la finalisation d'un album. Une fois les chansons masterisées, il reste à les mettre dans l'ordre, gérer les pauses, intégrer les codes ISRC et les informations de l'album, puis produire le master qui partira à l'usine : un CD Red Book ou un fichier DDP. Voici comment je procède, et quels éléments vérifier si vous finalisez vous-même l'album de votre groupe.
Même si de plus en plus d'albums sortent uniquement en numérique, le CD physique reste un excellent outil promotionnel : l'avoir en main et le vendre à la fin des spectacles crée un vrai lien avec votre public.
Pourquoi un logiciel dédié
Un DAW comme Pro Tools ou Cubase, ou un logiciel de gravure grand public, ne permet pas d'intégrer les codes ISRC, le CD-Text ni d'exporter un DDP. Il faut donc un logiciel d'assemblage. Pendant des années, j'ai utilisé DSP Quattro, qui n'existe que sur Mac. Sur PC, il y avait CD Architect de Sony. Quand je suis passé sous Windows, j'ai adopté HOFA CD-Burn & DDP Master, compatible Mac et PC, plutôt intuitif, et qu'on peut essayer en version démo.
L'ordre et les titres des chansons
On importe toutes les chansons (un simple glisser-déposer), on les met dans l'ordre, puis on entre les informations : nom de l'album, de l'artiste, titres. Deux petits détails :
- Je numérote toujours les titres (01, 02, etc.). Même en téléchargement ou dans une bibliothèque musicale, l'auditeur sait où se place la chanson dans l'album, ce qui est précieux quand on veut l'écouter du début à la fin.
- Majuscules et minuscules : je suis exactement ce que l'artiste ou le groupe me demande.
Les pauses entre les chansons (pre-gap)
Sur un CD, la première piste a obligatoirement une pause d'environ 2 secondes au début, et les logiciels ajoutent souvent 2 secondes par défaut entre les pistes. Moi, j'enlève toutes ces pauses entre les chansons.
Pourquoi ? Je veux que le CD physique soit identique à la version numérique. Les silences entre les chansons comptent : après une chanson très rock, si la suivante est plus calme, on a parfois besoin de 2 ou 3 secondes de plus pour faire redescendre l'énergie. Je règle donc ces pauses dès le mastering, en les incluant à la fin des fichiers audio. Ainsi, quelqu'un qui télécharge l'album et l'écoute de A à Z entend exactement les mêmes enchaînements. Une pause définie seulement dans le logiciel n'existerait que sur la version gravée ; son seul intérêt est le petit décompte négatif affiché par certains lecteurs CD.
Codes ISRC, CD-Text et code-barres
- Les codes ISRC identifient chaque enregistrement et à qui reviennent les droits et redevances, à l'international. On les obtient (généralement gratuitement) auprès de l'organisme de votre pays. Ils sont essentiels si vous distribuez votre musique, en numérique comme en physique. Tout est expliqué dans les codes ISRC : à quoi ça sert.
- Le CD-Text : les informations (artiste, titres) inscrites sur le disque, que beaucoup de lecteurs récents affichent. Voir aussi afficher les titres d'un CD dans iTunes.
- Le code EAN/UPC (le code-barres de vente) peut aussi être inclus, mais ce n'est pas essentiel.
Le grand avantage : quand j'exporte ensuite les pistes depuis ce logiciel, en WAV ou en MP3, les codes ISRC et les métadonnées sont intégrés aux fichiers. Si l'artiste envoie ses chansons à la radio, le suivi des droits est facilité.
Le Red Book ou le DDP
Pour la duplication, deux options :
- Graver un CD master, dit Red Book. Le nom vient du « livre rouge » de Sony et Philips qui définissait les spécifications du CD audio (durée maximale de 74 minutes à l'origine, pas plus de 99 pistes, etc.). Si vous gravez votre master, utilisez des CD de très bonne qualité, avec un faible taux d'erreur : j'ai toujours recommandé les Taiyo Yuden, plutôt qu'un disque bas de gamme acheté en magasin de bureau.
- Exporter un DDP (Disc Description Protocol). C'est un dossier de quelques fichiers qui contient l'audio, le CD-Text, les pauses, les index et toutes les informations du disque. On l'envoie à l'usine, avec la pochette. La plupart des usines de pressage acceptent ce format, et il évite les erreurs de gravure.
J'exporte aussi les pistes séparées en WAV ou AIFF (même qualité) en 16 bits, 44,1 kHz pour le CD, et les MP3 pour la mise en ligne, avec leurs métadonnées.
HOFA CD-Burn & DDP Master : ce que j'apprécie
Le logiciel de HOFA reprend toutes les fonctions dont j'avais besoin, avec quelques bonus :
- application rapide de l'artiste et de l'album à toutes les pistes, champ ISRC par chanson ;
- gestion des pre-gaps : on peut les inclure dans la piste précédente ou les supprimer, ce que je préfère pour éviter toute confusion ;
- fondus d'entrée et de sortie, mode où les pistes suivantes se déplacent avec celle qu'on bouge, crossfade automatique quand deux chansons se chevauchent, gestion des index ;
- ajout de la pochette directement dans les fichiers exportés (avant, je passais par iTunes pour ça) ;
- des fonctions pour préparer un master vinyle (faces A et B) ;
- quelques plugins inclus (analyseur, limiteur…), utilisables seulement dans le logiciel. Je ne m'en sers pas : tous mes traitements sont faits dans ma session de mastering. L'assemblage sert uniquement à l'assemblage.
Pour l'export MP3, il faut généralement télécharger séparément un encodeur gratuit ; la procédure est simple.
Pour aller plus loin
L'assemblage vient conclure le travail fait au mastering. Pour comprendre la cohérence d'un album en amont, lisez mixer un album : obtenir un son cohérent. Et si vous voulez confier le mastering et l'assemblage de votre album, voyez mon service de mastering.
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