La Machine à Mixer

514 271.4015 Montréal-Canada

Bienvenue sur la page officielle de La Machine à Mixer!

Les capsules vidéos et autres pages de la MàM sont accessibles à partir des liens sociaux.

Bonne visite!
- Etienne Tremblay

Comment obtenir un MIX FORT avec du PUNCH!

Que vous soyez pour ou contre la "guerre du volume", de nos jours, nous devons presque toujours appliquer du traitement dynamique - comme un limiteur - pour augmenter le volume apparent de nos mixs. Même si beaucoup de lecteurs (iTunes, Spotify, Windows Media player, etc) disposent d'une fonction "loudness normalization", qui nivèle les différences de volumes entre les pièces, cette option n'est pas disponible dans tous les contextes d'écoute. Alors, pour certains styles musicaux (rock, pop, urban, electro, etc) nous devons faire en sorte que nos mixs aient du punch et de la puissance pour être un minimum compétitifs avec les productions commerciales.

Cela dit, ce n'est pas qu'en mettant un limiteur sur la piste master que l'on peut obtenir un mix loud. Faire travailler abusivement un limiteur va généralement produire de la distorsion harmonique et rendra le mix agressif, voire désagréable. Aussi, lorsque l'atténuation du limiter est très importante, la perte de dynamique rend l'écoute moins intéressante.  Alors, comment fait-on pour éviter la détérioration sonore du limiteur tout en produisant un mix qui a de la puissance ?

Il faut travailler à la source, lors du mix. Voici quelques conseils qui vous aideront à atteindre un mix loud, avec du punch et de la vie.

MOBILES & TABLETTES: Tapez sur le point en bas, à droite, pour faire apparaître le texte lorsque vous regardez les photos.

 

ÉGALISATION

Lorsque vient le temps d'égaliser, il est tentant de faire des boosts un peu partout pour mettre en valeur les éléments les plus audibles des différentes pistes. Il faut toutefois faire attention, parce qu'on peut se retrouver avec un mix agressif si l'on exagère trop certaines fréquences. Une façon simple d'éviter de trop traiter les hautes est de mettre un égalisateur de bonne qualité sur la piste master et de faire un boost de 1 dB à 2 dB avec un EQ shelving vers les 10khz-12khz (comme sur la photo ci-dessus du Equality, de DMG audio). Ainsi, nous n'aurons pas besoin d'égaliser toutes les pistes et nous appliquerons par la suite des boosts uniquement sur les pistes que nous désirons avoir à l'avant-plan.

*Un léger boost à 80hz avec un EQ peak peut aussi être très agréable dans bien des contextes.

STIMULATION HARMONIQUE

Émulation: Simulation numérique d’un circuit analogique. Ex.: J37, de waves

La stimulation harmonique est un excellent moyen pour donner de la présence aux différents éléments et à l'ensemble du mix.

C'est ici que la distorsion devient votre ami.  Je ne vous parle pas d'une pédale de fuzz, mais plutôt des nombreuses émulations de rubans analogique, de lampes, de consoles, de transistors, de triodes et autres, disponibles en plugins. Ces distorsions non-linéaires peuvent grandement nous aider durant le mix: à basse intensité, elles ajoutent des harmoniques qui rendent un son plus audible et le rapproche de l'auditeur. À plus haute intensité, comme lorsqu'on sature l'entrée d'une enregistreuse analogique (ex.: VTM, de Slate Digital), elle agit aussi comme une forme de compression, en réduisant la dynamique des peaks les plus forts, donnant ainsi un volume moyen plus puissant.

COMPRESSION PARALLÈLE

La compression est un probablement le traitement le plus difficile à maîtriser. Lorsqu'on ne sait pas trop ce que l'on fait, on peut rapidement enlever tout le punch et la vie dans un mix. La compression parallèle est une technique qui peut vous éviter ce genre de problème. 

Pour faire une compression parallèle, on envoie un son dans une piste d'effet, comme on le ferait pour une réverbération, mais au lieu de la réverb, on place un compresseur. Généralement, le taux de compression sera très élevé (15-20dB), avec une attaque très rapide et un release lent (300-500ms). On mixe ensuite cette pistes ultra-compressé avec l'originale non compressée (environ 15 à 20 dB moins fort que l'originale). 

 

Exemple de compression parallèle:

1: Piste originale non compressée.

2: Compression parallèle de la piste #1.

3: Sommation des pistes 1 et 2.

L'augmentation de volume dans les passages les plus faibles est plus importante que dans les passage les plus forts.

Le grand avantage de cette technique est que l'on préserve la dynamique et le punch du son travaillé. Durant les passages forts en volume, la différence sera très subtile et dans les passages faibles, la compression parallèle aura un impact plus important sur le volume et la présence. C'est un traitement "à l'inverse" d'une compression classique, qui elle, réduit les peaks de dynamiques les plus forts. La compression parallèle est aussi une excellente façon d'augmenter le sustain des instruments percussifs, comme la batterie.

MIX DES BUS

BUS: Piste “sous-groupe” ou “auxiliaire” regroupant plusieurs pistes d’une même section (batterie, basse(s), guitare(s), clavier(s), etc.).

Plus vous travaillez les différents éléments séparément, moins vous êtes dépendant des traitements sur le master. Ce n'est pas toujours important, mais si vous désirez donner de la puissance à votre mix tout en préservant le punch, la définition et la dimension, le mix des BUS est une excellente façon de vous rapprocher de votre but.

Vous pouvez simplement mettre un compresseur, comme les classiques SSL, avec un ratio de 2:1, l'attaque la plus lente, le release le plus rapide et une atténuation moyenne de 3 à 4dB permettra de "lier" les différents éléments qui passent par le même BUS. C'est une technique assez simple à appliquer et il est préférable d'appliquer cette compression rapidement dans le processus de mix, parce qu'elle influencera le travail de compression des parties individuelles.

L'égalisation des BUS permet aussi dans certains cas de sauver du temps. Si l'on a plusieurs voix enregistrées dans les mêmes conditions, l'égalisation du BUS donnera rapidement un couleur à l'ensemble des arrangements vocaux. J'aime bien donner 1 ou 2 dB à 16khz avec un EQ Pultec, ce qui ouvre les voix sans les rendre trop agressives. L'oreille humaine est particulièrement sensible entre 2khz et 6kHz, alors il faut toujours faire attention de ne pas abuser des boosts dans les hi-mids!

Le Decapitator a l'avantage d'avoir un contrôle de mix wet/dry, ce qui permet de mieux doser la quantité de distorsion que l'on veut ajouter.

Un autre exemple est lorsque je mixe des guitares électriques: je commence généralement par égaliser le BUS et j'applique le Decapitator, de Soundtoys, qui est une distorsion avec un contrôle wet/dry, ce qui me permet de doser selon le contexte. Je peux même simplement jouer avec la balance wet/dry dans les différentes sections de la chansons pour donner de la présence aux guitares dans les parties plus chargées.

La subtilité est de mise lorsqu'on travaille les BUS. Toutefois, il arrive que l'effet de "pompage" soit désiré. Par exemple, on peut sidechainer le BUS des claviers pour qu'à chaque impact du kick, il y ait une atténuation des claviers, nous donnant l'impression que la musique va faire exploser les haut-parleurs.

Au final, réussir à bien travailler les BUS requiert le même genre d'investissement de temps et d'énergie que d'apprendre à bien mixer les éléments individuellement.

CONCLUSION

Trouver la façon adéquate de donner de la puissance à votre mix sans vous faire saigner des yeux peut prendre beaucoup de temps et de pratique. Il est nécessaire de bien comprendre les outils que vous utilisez et vous devez prendre le temps de bien les placer en accord avec l'esthétique recherchée dans votre mix. La formule n'est pas magique et comme en mix, vous devez pratiquez et faire preuve de patience. Avec le temps, vous trouverez votre façon de traiter les pistes, les BUS et le master, et le sentiment d'accomplissement qui accompagne la réussite d'un bon mix est toujours extrèmement gratifiant.